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Vladimíra ČEREPKOVÁ PoètE chez l'éditeur Écrits des Forges, Québec, CA

 
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Orphée
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PostPosted: Wed 31 Dec - 03:33 (2008)    Post subject: Vladimíra ČEREPKOVÁ PoètE chez l'éditeur Écrits des Forges, Québec, CA Reply with quote

À l'occasion de la première nuit de l'année 2009 demain, je voudrais présenter pour la faire découvrir la poètesse Tchèque :

Vladimíra ČEREPKOVÁ


       Dans le temps que nous approchons
       le monde se rétrécira et s'étendra
       il sera incolore coloré
       sans sommeil dormira
       et mourra et vivra




Ce bref poème est tout ce que j'ai retrouvé d'elle publié en ligne (dans le site de la Revue K)

Je l'ai connue dans les années 80 et 90 gràce à une amie cinéaste (également Tchèque) Bojena Horackova alors en pleine écriture d'un scénario auquel Vladimira contribuait : Mirek n'est pas parti. J'avais lu une longue poésie traduite, si je le déduis des sources que je trouve aujourd'hui, par Petr KRÁL (je laisse les majuscules à cause des accents spéciaux qui ne sont pas dans les typos du clavier courantes), évocations autobiographiques d'une enfance et d'une adolescence terribles, prison, hopital, traversée d'images en ellipse surgissant d'une manière fulgurante, cultures, déchirures, une poésie à la fois concrète et abstraite, rare après Mallarmé et TS Eliot. Une personnalité fière mais redoutable à la fois fragile et forte et pour se défendre dominante, mordante, cruelle, sans doute à la mesure de ses propres souffrances. Mais aussi festive, joyeuse, ironique.

Et comme le temps des tierces amitiés s'envole avec les amis de nos amis quand ils se séparent, Je l'ai perdue de vue.

Très peu de poèmes de Vladimira sont traduits en français car elle écrit en Tchèque pourtant elle fait partie des poètes traduits et publiés dans l'"Anthologie de la poésie tchèque contemporaine" (de 1945 à 2000), opus N°373 de la revue "Poésie", aux éditions Gallimard, 2003, que l'on peut commander à la Librairie Compagnie qui tient parmi tous ses fichiers de revues un index des écrivains tchèques et slovaques publiés en Français quasiment exhaustif :
http://www.librairie-compagnie.fr/tchecoslovaquie/auteurs/c/cerepkova.htm


Vladimíra ČEREPKOVÁ
(orthographe française pour les recherches : Vladimira Cerepkova)

(Prague, 1946). Poètesse et scénariste. Dans les années 60, à Prague, les lectures publiques de ses poèmes font événement. Exil à Paris après 1968.


ANTHOLOGIES / REVUES : Poèmes dans Liberté 149 n° 5, 1983 ; La Poésie tchèque moderne (1914-1989), Belin, 1990 ; In'hui n° 41, "Dix poètes tchèques en exil", 1993, éd. Le cri / Jacques Darras [Bruxelles] ; Les Deux rives de la Morava, "poésie tchèque et slovaque d'aujourd'hui" Bf, 1994 [Strasbourg] ; Nouvel Art du français, mai 1994 ; Le Croquant n° 20, 1996 ; Lèvres urbaines, [Québec], n° 27, 1996 ; Arcade n° 43, 1998 ; La Poésie tchèque en fin de siècle, Sources, 1999 ; Anthologie de la poésie tchèque contemporaine (1945-2000), Gallimard, 2002.




Vladimira Cerepkova : Les vignes traversent le pays, traduit du tchèque par Hana Prochazkova et Sandra Jirovec -- avec des lithographies originales de Vladimir Skoda.

Revue K n°3, 75 exemplaires seulement, tous numérotés et signés (dont 50 en français et 25 en tchèque), 1991.

" Neuf estampes en taille-douce du sculpteur Vladimir Skoda mises en regard d’autant de poésies de Vladimira Cerepkova (née à Prague en 1946), enfant rebelle et précoce, qui s’est exilée en France en 1969. Ses poèmes saisissent des moments fugitifs d’une existence écorchée, une fuite du temps, des blessures de la vie, une perte d’identité."
c'est pour les collectionneurs fortunés : 600 euros;-) on appelle cela mais à juste titre dans ce cas : un livre d'art (ou un beau livre).
http://www.revue-k.net/?akce=portfolios


Plus abordable pour nous est ce recueil collectif de l'opus 27 de la revue de poésie québécoise "Lèvres Urbaines" :
http://www.ecritsdesforges.com/1996/levresurbaines27.shtml

Dans le portail de Littérature tchèque (très intéressant;-)
http://czlit.cz/main.php?pageid=205&author_id=248
je trouve une présentation biographique et bibliographique que je recopie :


Vladimíra ČEREPKOVÁ

La poétesse Vladimira Čerepková est née le 4 février 1946 à Prague. Elle a étudié pendant presque une année à l’école de céramique de Karlovy Vary, puis elle a pratiqué différents travaux manuels. Elle vit en France depuis 1969.

Čerepková est un exemple illustrant à merveille de quelle manière et dans quelle mesure des tonalités et des registres poétiques modernes, ou du moins apportant quelque chose de résolument moderne, ont progressivement pris le pas dans la poésie lyrique tchèque traditionnelle. En parlant de son premier recueil, Ryba k rybě mluví (Un poisson parle à un poisson), la critique a mentionné l’influence de la poésie beatnik d’Amérique du Nord, et a parlé de Lawrence Ferlinghetti, Gregory Corso ou Diana di Prima comme sources d’inspiration possibles. Čerepková est liée, tout comme le poète Václav Hrabě un peu avant elle, à l’histoire du bar à vin poétique Viola, à Prague, dans lequel des concerts de jazz avant-gardistes formaient en leur temps un parallèle spontané avec les soirées plus tempérées consacrées à la poésie moderne, organisées sous forme de « text-appeal ». On peut considérer Čerepková comme l’archétype de l’auteur non-conformiste par nature, qui se révolte à différents degrés contre les canons de la poésie traditionnelle, en introduisant par exemple dans la poésie contemporaine la forme fraîche du blues poétique. Mais c’est sans doute plus encore par la diction intimiste, naturelle, familière et si convaincante de ses vers que ce premier recueil – qui marche d’ailleurs aussi dans les traces du « civilisme » d’après-guerre, représenté par Jiří Kolář – a laissé sa trace. L’exil a profondément modifié la poétique de Čerepková : ses recueils des années 70 et 80, inclus dans l’ouvrage-somme Básně (Poésies), témoignent d’un profond effondrement de l’auteur dans les recoins les plus mélancoliques du moi : tout à coup, « le ciel est dépassé et dieu bizarrement étranger ». La stylisation originelle et la forme au départ traditionnelle du vers laissent la place à des zones d’associations tourmentées, apocalyptiques et fantasmagoriques, dans lesquelles des bribes de réalité et de rêve s'entremêlent de différentes manières, de même que l’ancienne réalité tchèque et la nouvelle réalité française s’entremêlent progressivement. La poétesse sort de ce registre « crépusculaire » au cours de la deuxième moitié des années 80, pour se diriger vers des miniatures concises sagement sceptiques, dominées par la conscience de la finitude de tout être et par l’humble désir de « dormir… pour toujours ». Et une volonté incommensurable d’accomplissement de « l’image » poétique, qui « doit être absolue », s’oppose à ce désir comme en contrepoint. En comparaison avec la « poétique de la sensation vive », si juvénile, dont la subjectivité et l’authenticité originale formaient le credo de la vision et du partage de l’existence de Čerepková, son œuvre de la maturité incline de manière évidente à une perception phénoménologique du monde, dans l’ensemble infini de son éternité et de sa quotidienneté. Son moi poétique, qui était plein, d’entrée de jeu, aussi bien d’émotions et d’expressions que de douleurs et de souvenirs, semble céder doucement le pas au fil des ans à une tendance au texte en prose, avec notamment avec une poésie d’une grande originalité, à la sophistication exacerbée et tourmentée. Si Čerepková a pu écrire jadis « je n’invente pas / je prends des notes », elle atteint aujourd’hui l’idée que « la forme simule les conditions de la création », et qu’il est possible, voire nécessaire d’écrire « sans crises approximatives ». (vn, rk)

Traduction : Benoit Meunier




Anecdote au sujet de Vladimira citée par l'écrivain tchèque Josef Skvorecký, passionné de Jazz (qui lui a inspiré des livres),  comme elle et lui aussi émigré depuis 1969 mais à Toronto, au Canada. Il s'agit d'une interview du 28 août 2007, publiée dans le blog magazine consacré à la musique : "Le son du grisli - jazz, musiques expérimentales, et autres", extrait qui montre bien l'"ambiance" qui régnait à Prague au milieu des années 60, à la fois répressive mais avant-gardiste.
  Interview de Josef Skvorecký
http://grisli.canalblog.com/archives/2007/08/28/6014914.html
Extrait :

[...] À Prague, vous avez rencontré un autre auteur américain passionné de jazz : Allen Ginsberg. Quels sont vos souvenirs de cette rencontre ? J’étais en fait la seule personne dont Ginsberg possédait le numéro de téléphone à Prague. Au milieu des années 1960, l’un de mes plus proches amis, le regretté Jan Zábrana, était en train de traduire l’une de ses œuvres, Howl. Zábrana était lui-même un excellent poète, mais en raison des circonstances politiques (ses deux parents purgeaient de longues peines en camps de concentration), il ne fût pas publié avant le milieu des années 1960. Comme son anglais était pauvre, il m’a d’abord demandé de faire une traduction littérale du texte de Ginsberg, qu’il retravaillerait dans un esprit plus poétique. Le poème était rempli de pièges à déjouer puisque qu’il comptait beaucoup de mots d’argots que j’avais forcément du mal à trouver dans mon vieux dictionnaire Webster. C’est pourquoi j’ai écrit plusieurs fois à Ginsberg pour lui demander des éclaircissements. Et, une nuit, le téléphone sonne, Ginsberg était à l’autre bout du fil. Je pensais qu’il appelait de New York mais, à ma grande surprise, il se trouvait à l’aéroport de Prague. Il venait de se faire expulser de Cuba pour avoir critiqué la politique sexuelle mise en place par Fidel, et comme il n’y avait pas de vol direct entre Cuba et les Etats-Unis, les policiers cubains l’avaient installé dans un avion à destination de Prague. Je l’ai donc emmené chez Zábrana où nous avons passé la nuit à discuter. Le lendemain, nous l’avons accompagné dans un club d’amateurs de poésie et de jazz, à la manière de ceux que l’on trouvait à San Francisco. Lorsque nous avons fait notre entrée, la poétesse Vladimíra Čerepková dit à sa voisine : « De nos jours, n’importe quel traîne-savates se donne des airs de Ginsberg ! », ce à quoi Ginsberg a répondu : « Mais, c’est moi !». Par la suite,  je lui ai demandé s’il serait intéressé de participer au concours de Roi de Mai organisé lors des célébrations de mai organisées à l’Université Charles. Il a accepté et, évidemment, les étudiants l’ont élu. Plus tard, il écrira un poème intitulé Kral Majales, c'est-à-dire « Roi de Mai » en tchèque. Quelques semaines après ces événements, il était assis dans mon appartement et me dit qu’il ne se sentait plus en sécurité à Prague. La nuit précédente, il avait été agressé dans la rue par un homme inconnu et vociférant « Buzerant ! Buzerant ! » - « homosexuel » en argot tchèque. Il avait décidé de quitter le pays dans les deux jours. Quelques minutes après son départ, quelqu’un frappe à ma fenêtre - nous vivions au rez-de-chaussée -, il s’agissait de deux agents de la police secrète. Ils me demandèrent si le poète américain « Ginstein » était avec moi. Je leur ai répondu qu’il venait de partir et ils ont disparu. Le lendemain, un des mes amis, qui travaillait à l’aéroport, me téléphone et me dit avoir vu deux agents de la police secrète escorter Ginsberg jusqu’à un avion British Airways à destination de Londres. C’était la fin de l’aventure pragoise pour Ginsberg, que j’ai revu lorsque ma femme et moi avons-nous sommes installés au Canada. Nous sommes allé lui rendre visite dans sa ferme de la Cherry Valley, puis dans son appartement de New York, et nous nous sommes rencontrés plusieurs fois à Toronto. C’était un homme aimable, prévenant, et j’aimais beaucoup quand il chantait ces chansons qu’il avait lui-même écrites. C’est probablement le seul point en commun que j’avais avec lui, et c’était la musique. [...]




Vraiment, si vous pouvez trouver une des revues dans lesquelles des poèmes de Vladimira ont été traduits je pense que vous sentirez comme moi la force de sa poésie, comme un ouragan. on pense aussi à des auteures déchirées comme la romancière Carson McCullers, mais Vladimira est d'une poésie subtilement post moderne et contemporaine par le fait qu'on n'y trouve ni psychologie ni morale. C'est vraiment de la poésie, dans le sens le plus radical du terme, au-delà du bien et du mal, un objet pur et violent. Très fascinant et très beau -- nous accroche et nous entraîne dans un dynamisme tourbillonnant -- parfois un trou noir d'un choc à l'autre, parfois stagnant. Je veux dire que lire un poème de Vladimira ne laisse pas indemne. C'est l'empire de l'onirisme.
_._._.__._._._.__._.__._._._._._._____.
Ali No War http://www.myspace.com/alinowar
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