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Après Paris La cigale et l'Elysée Montmartre... 10-12-2008

 
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Orphée
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PostPosted: Wed 10 Dec - 23:41 (2008)    Post subject: Après Paris La cigale et l'Elysée Montmartre... 10-12-2008 Reply with quote

Après Paris La Cigale et l'Elysée Montmartre


"Fais-moi penser que j'étais au Cirque Royal avec Julien Doré et fais-moi penser que j'étais tout chose quand il a entamé "I need someone" avec sa voix au bord de la falaise." David Bartholomé, "Fais moi penser", Journal, 6 novembre 2008
http://www.sharko.be/


Farouchement pour Julien Doré, au sujet duquel je pense que nous devrions pourtant commencer à ne plus le reporter en termes de tendances (par ex "Nick Cave, Arno ou Daniel Darc"), ni même de celles qu'il déclare, parce qu'il est énigmatique. Loin d'ouvrir une écoute de sa musique cela éloigne d'entendre qu'il y invente en amont de la scène (seul) et sur scène avec le recours à ses musiciens, remarquables.

Car il invente quelque chose du rock du blues de la pop et de la variété française, dans une thématique critique à la fois de la culture et de la société, post-punk, qui l'inscrit dans la singularité internationale d'un mouvement engagé par la musique urbaine. Ce mouvement, particulièrement insolent d'avoir hacké le hip hop dans le champ musical de la New Wave au Blues et à la techno ou même à la musique industrielle, parti de Bristol, n'est pas une tendance formelle, tant il est plastique, fait de personnalités musicales inclassables, aux sources diverses mais toujours personnelles (certains y mettent même Björk à côté de Tricky, de Massive Attack, ou de Portishead, pour dire): c'est le trip hop, non une forme mais une façon de "méta-hacker" anachroniquement les sources musicales liées à la diversité du divertissement inspiré du blues, et même le disco et le rock, en création dans une sensibilité par le texte de l'engagement critique localisé des sociétés urbaines, actuelles, et il ne cesse d'évoluer et même de se transformer, sans même se reproduire rythmiquement.

Il est le premier à le tenter en France et, comme il se doit quand on entre dans cette hyperarborescence musicale, il le fait depuis sa propre sensibilité de la musique anglo-saxonne et française, non pas en imitation ni en plagia (le trip hop hacke ses sources donc les transforme et ne s'imite pas, tant il est divers et tant ne peuvent s'y trouver -- volontairement ou par hasard -- que des créateurs, et chacun d'entre eux le caractérisant). Il y innove quelque chose du divertissement et de la musique populaire continentales, une francophonie métisse, en métamoprhose.

Par là je pense qu'il faut voir quelles chansons ont été abandonnées dans le live depuis les premiers showcases : "Dans tes rêves" ou "Los Angeles" (qui sait ? peut-être pas définitivement ? Du moins cela lui a-t'il permis de caractériser son concert).

La 'vanité' intitulée "Les soirées parisiennes" est inchantable à Paris sans risque de lunchage, pour qui les a fréquentées, mais elles ont été chantées en province, et "de mots" étant la voix de Arno, il ne pourrait la chanter sans lui, du moins pas avant longtemps.

Alors, même les reprises, il faut en comparer la mélancolie avec les textes d'auteur de Julien Doré dans ses chansons : Pudding Morphina, la chanson d'une société anesthésiée par les expédients pour être supportée, depuis les enfants jusqu'aux parents ; J'aime pas : le chaos du désir amoureux dans sa confrontation à l'addiction de l'alcoolisme ; Piano Lys, la dissociation -- la division de la personnalité -- OU les hallucinogènes et les opiacées, à la périphérie de l'objectivation des personnes... etc.

Bouche Pute, l'assignation projective de l'émotion à des mots clés du sexe déplacés par le collage -- au fond, le retournement critique des thèmes et des méthodes de la pub par la poésie ; c'est proche de Kathy Acker (la phrase "J'irai pisser sur tes hanches" intègre à la fois le titre d'une chanson d'Adamo, le titre du manifeste de Pinoncelli lors de son premier geste contre la fontaine de Duchamp, à Nîmes en 1998, et le titre du livre de Boris Vian que Pinoncelli détourne par le sien.. ) I play my country (for save the world) : c'est la question interférente de la localisation et de la délocalisation, comme destin personnel et collectif des individus et des sociétés... (dans le contexte actuel c'est la question du changement possible ou impossible : une chanson qui pèse lourd).

Etc. Alors bien sûr on se dit que ce qu'en a écrit Jean-Yves Jouannais, sans doute à la demande de la production ou de l'attachée de Presse au moment du lancement de l'album Ersatz, mais il n'aurait pas produit cette note s'il ne l'avait pas ressentie, résonne juste aujourd'hui.

De là, je suis complètement d'accord avec vous (Emmanuel Marolle - dans son blog du parisien.fr Zik Zag http://blog.leparisien.fr/zik_zag/, où j'ai commencé par destiner ce commentaire) sur la façon de monter la set list, en breaker, non le choix des titres mais leur organisation, qui tue mais volontairement la montée en tension.. une auto-dérision punk dont il finira bien par se débarasser publiquement (même s'il en garde le sentiment relatif en lui), parce que c'est un peu comme un acteur du théâtre Nô qui mettrait la main sur son masque..

Everybody's Gotta Learn Sometime -- vous savez l'histoire de cette chanson et qui l'a faite resurgir ? Beck pour la BO du film culte de Michel Gondry...

"Change your heart
Look around you
Change your heart
It will astound you" -- n'est-ce pas aussi l'histoire de l'écoute ?
Mais elle tombait mal dans la set list, ou fut trop rendue en demi-teintes à La Cigale (bien rendue à L'Elysée Montmartre)...

Or on sait bien que si la tension n'était pas interrompue ce serait tellement intense à supporter émotionnellement, tellement intense à soutenir (mais c'est cela que nous voudrions de lui, pour les plus grandes scènes, car sa présence et sa voix le permettent)... Julien Doré sera de toutes façons, et même s'il restait familier et/ou cabochard : culturellement incontournable. Il n'y a pas d'autre chanteur si actuel que lui dans son temps local/délocalisé, qui en parle si précisément d'une façon presque visionnaire sous les mots mélodiques, la voix des poètes c'est le chant, mais sans concession sur la critique, radicale... à distance de ses propres sources que pourtant il ravive aussi en nous -- d'où la mélancolie de tout ce qui est perdu dans ce qui se crée de nouveau : c'est exactement la définition du moderne chez Baudelaire. Mais c'est aussi au-delà celui qui invente irrespectueusement et c'est là qu'il émerge, hétérogène, hétéronome avec ses musiciens sans avoir besoin de métronome : tous co-inventeurs avec julien Doré comme "curateur" -- comme disent les américains, pour les commissaires d'exposition --. C'est comme le logiciel libre:)

Brown Ears, c'est pour dire au revoir d'une façon qu'il soit sûr que nous ne puissions l'oublier...
_._._.__._._._.__._.__._._._._._._____.
Ali No War http://www.myspace.com/alinowar
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