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Carla Bruni vs Julien Doré ou l'entropie de Ersatz comme si de rien n'était.

 
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Orphée
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PostPosted: Mon 15 Sep - 18:03 (2008)    Post subject: Carla Bruni vs Julien Doré ou l'entropie de Ersatz comme si de rien n'était. Reply with quote

POIÊTIQUE DU DIVERTISSEMENT : MODE D’EMPLOI

Avertissement en guise de mode d'emploi des articles : :
DU FUTURISME POST-POLITIQUE BABAROIS DANS L'OBSCURANTISME DES LUMIÈRES ÉTEINTES / 1. & 2.

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AUTO-POÏESE
Concept dérivant du grec "autos", c'est-à-dire "soi", et "poïen", "produire".

Un système auto-poïétique est un système organisé comme un réseau de processus de production de composants qui, par leurs transformations et leurs interactions, régénèrent continuellement le réseau qui les a produits, et constituent le système en tant qu'unité concrète dans l'espace où il existe, en spécifiant le domaine topologique où il se réalise comme réseau.

(Cf. Varela, F., Autonomie et connaissance. Essai sur le Vivant, tr. fr. Paul Bourgine et Paul Dumouchel, Paris, Seuil, 1989, p. 45 ).
http://college-heraclite.ifrance.com/documents/definitions/auto-poiese.htm

Dans le domaine de la création artistique, une poiëtique c'est l'ensemble des processus de création d'une oeuvre (au sens d'un cycle), une esthétique c'est l'ensemble des processus de réception d'une oeuvre (dans le même sens du cycle réduit à l'oeuvre ou d'un moment de la culture).

Si la poiëtique est l'affaire des créateurs auteurs et producteurs (quand ils sont aussi des créateurs, qu'ils soient ou nom les auteurs), l'esthétique n'est en principe que l'affaire de leurs critiques ou de leurs amateurs, et celle des théoriciens de leur temps. Mais les chemins de la création et le dépérissement de la philosophie et de l'histoire ont installé une confusion des genres et des rôles ; des transferts se sont manifestés à l'acte des oeuvres et de leur communication, et parfois s'intègrent, notamment dans l'art contemporain le plus récent.

L'objet symbolique commun s'éloignant, les protocoles individuels sont mis en avant.

Si la philologie d'une oeuvre est la considération de son cursus, alors on peut dire qu'il existe aujourd'hui nombre d'artistes ayant fait consister leurs oeuvres en poétiques de leur philologie -- leur histoire, considérée comme genèse, est alors programmée comme un protocole prédicitble (de l'oeuvre en cours, qui dit ce qu'elle fait) ou déductible (de l'oeuvre achevée considérée en feed back comme logique ou cohérente, présentée avec la description réelle ou fictive de sa gestation).

En même temps, si l'ontologie d'une oeuvre est la considération de ses proprétés, une propriété notoire des oeuvres actuelles est qu'elles réalisent l'indiscipline artistique entre des domaines différents. Que ces domaines soient familiers ou étrangers entre eux, y compris totalement exogènes l'un par rapport à l'autre (ou les uns par rapport aux autres), distend jusqu'à le prescrire le concept d'autopoiëse appliqué aux artistes et/ou à certains de leurs objets. Du moins est-il insuffisant pour rendre compte de la diversité complexe de l'oeuvre, et encore plus pour ne pas faire oublier l'altérité qui entre en jeu. En effet, de nombreux artistes modernes et contemporains ont mêlé et mêlent les arts plastiques, techniques, visuels, les arts vivants, les sources de l'inspiration, leur propre corps physique ou biologique, la communication, les sciences, l'environnement, le paysage, l'urbanité, la société, etc. Possibilités ou innovations qui confirment la complexité ontologique de l'oeuvre.

Complexité comprenant pour partie son intégration philologique (qu'il s'agisse des performances en temps réel du Body art, les greffes de Stelarc par exemple, ou du récit photographique d'auto-portaits chronologiques telle la série d'Opalka ; ou, autres exemples, dans le Land Art).

Mais il y a de plus une hétérogénéité (composantes internes de provenances diverses) ontologique de l'oeuvre, qui situe dès le début de sa gestation (voir même de sa prédiction avant qu'elle ne se réalise), sa part d'extériorité coexistante : l'extériorité entre les composantes qui s'intègrent, l'extériorité de l'environnement (dont l'extériorité de l'artiste par rapport à ce qu'il produit ), consistent d'une part dans l'interpénétration sensible, et d'autre part dans l'insertion institutionnelle, entre un artiste, son environnement sacré ou social, et un public ou un lecteur et/ou un amateur, auquel les oeuvres sont destinées (serait-ce aux dieux). L'exo-structure artistique installe le point de vue de l'oeuvre et de la création, autrement que selon un dispositif autopoiëtique. Enfin, du point de vue conceptuel, l'exo-structure déplace, ou annule, le champ des catégories philosophiques traditionnellement attribuées à l'art.

Aussi peut-on proposer que l'oeuvre, y compris le corps vivant lui-même comme oeuvre propre, soit une disposition hétéro-poiëtique, ce qui n'exclut pas sa faculté de se réinventer toujours différente telle que l'autopiëse tente d'en présenter les principes. Et ce qui installe autrement que centrée et convergente la question de la forme et de la plasticité.

Dans ce qui suit, j'essaye de montrer comment l'hétéro-poiëtique de Julien Doré est un disposif d'oeuvre dynamique, récurent en temps réel et en temps différé : à la fois dialectique entre les arts plastiques et vivants traditionnels, les media et le divertissement, dialectique entre ses composantes diverses internes et externes, et dialectique entre les réalités succesives qu'il produit, conçues comme des fragments prédictibles d'un langage génératif et transformationnel, dont la succession en séries élabore la grammaire alternative, tout à fait singulière -- c'est la sienne à lui seul -- hackée des media et de la vie, à distance de la vie privée -- mais pas tout à fait à distance de la vie nue (par l'intégration de la prise de risque).

Cette grammaire se réalise dans une topologie multipolaire, physique et conceptuelle, aléatoire : qu'il s'agisse des mots, des musiques, ou des accessoires, ou encore des postures vivantes, ou des partenaires publiques et de leurs rencontres, ou de la communication, ou des lieux de production dans lesquels ces signes, indifféremment de leur source et de leur qualité se présentent, en partie ou ensemble, mis en relation poétique. Arbitraire et interchangeable : en quoi consiste sa faculté essentielle d'exister, de se répéter sans se reproduire.

La vidéo de Systaime, création d'après un extrait d'émission de télévision qui extérieurement d'elle-même environne la rencontre des deux chanteurs sur un autre plateau, est également concernée au dedans et au dehors d'elle-même, par ce point de vue.

Quant aux arts qui renforcent leur présentation aristocratique par l'aristocratie de leurs sources, par exemple scientifiques, ce qui les ferait conférer de toutes façons à de l'hétéro-poiëse quoiqu'ils annoncent : toutes les sources requises ou utilisées deviennent indifférentes à elles-mêmes dès lors qu'elles sont alignées par ces grammaires particulières (non universelles).

Il n'est de grand que l'objet global de la poiêtique pas l'objet de ses fragments seraient-ils des sources appartenant aux patrimoines les plus sélectifs.. il faudrait donc apprendre à regarder les gestes artistiques insignifiants pour voir où ils mènent.

La poiëtique comme oeuvre exerce une dévaluation de l'art en temps réel de l'évaluation symbolique des objets qu'elle lie entre eux.

C'est non seulement un retour du symbolique, mais indépendamment des apparences un retour de la forme comme concept -- et c'est là précisément là que s'engage le symbolique : dans quelque chose qui n'existe pas concrètement mais poétiquement, ailleurs qu'en poésie (comme discipline littéraire ou lyrique), ailleurs qu'en poésie (comme discipline littéraire ou lyrique), mais qui est pourtant porté par l'existant (corps vivant de l'artiste et public -- ou société -- de façon hétérotopique et asynchrone).

Pour en revenir à la valeur d'échange des poiëtiques, ce ne sont plus les performances elles-mêmes, tout cela s'équivaut et aussi du point de vue des sources, quelles que soient leur vénalité ou leur subtilité : ici on repart à 0 depuis la réalisation poétique du monde depuis la singularité du hack par le corps et la pensée vivants. Ce sera pragmatique et en temps réel de sa propre révolution artistique ou ne sera pas.

Ali&

Quote:

Confirmé ! Duo Carla Bruni Julien Doré @ TARATATA dif. 1er oct 2008
C'est dans la boîte comme on dit (c'est enregistré).

http://www.tele-2-semaines.fr

12/09/2008 - 15:34
Julien Doré : "Ca m'amusait d'inviter Carla Bruni" Le gagnant de "Nouvelle star" a demandé à chanter en duo avec la première dame de France sur le plateau de "Taratata", hier soir.
Après avoir interprété "Anyone else but you", les deux artistes ont rejoint Nagui pour une petite interview.

Extraits:
Julien Doré : "Ca m'amusait d'inviter Carla Bruni, surtout sur ce titre là. J'aime les rencontres. On a le sourire. Et on peut encore employer le mot cool à la télé."
Carla Bruni : "J'aime beaucoup son disque. J'aime comment il a traversé Nouvelle Star, alors que l'image prend le pas sur tout."

Carla Bruni a également confié à Nagui qu'elle aurait bien aimé participer à "Nouvelle Star" mais qu'elle n'a "plus l'âge, maintenant".

Diffusion mercredi 1er octobre sur France 4 et sur France 2 fin octobre.


http://juliendoredigupelvis.level52.com/t319-L-AGENDA-DE-JULIEN-DORE.htm?st…


Si je répète de parler de Julien Doré c'est que je travaille -- je réfléchis -- sur la question de l'art populaire dans la société médiatique, à travers cet artiste qui a décidé d'en faire sa peau et la stratégie interne et externe de son environnement réfractaire, pour se divertir lui-même.
De là, je poursuis une trace des arts émergents et des arts contemporains, qui fusionnent en hétérotopie de l'art, dans le divertissement.
Parce que c'est là que l'idéologie vectorale s'effectue non comme une raison mais comme une adiction, je cherche les issues.
Parce que c'est là que l'idéologie vectorale s'effectue non comme une raison mais comme une adiction, je cherche les issues. Et d'ailleurs parmi les commentaires de cette rencontre depuis les amateurs de Julien Doré, personne de ceux qui ne supportaient pas Carla Bruni quelques fussent leurs causes ou leurs effets n'a changé d'avis... Issue;-)



DU FUTURISME POST-POLITIQUE BABAROIS DANS L’OBSCURANTISME DES LUMIÈRES ÉTEINTES / 2.
Carla Bruni vs Julien Doré ou l'entropie de Ersatz Comme si de rien n'était

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Exergue :

Salut ça va ? Dans tes rêves j'irai pisser sur tes hanches...
(Adam Vernon Goldy)


Une poiëtique c'est l'ensemble des processus de création d'une oeuvre (au sens d'un cycle), une esthétique c'est l'ensemble des processus de réception d'une oeuvre (dans le même sens). Si la poiëtique est l'affaire des créateurs, l'esthétique n'est théoriquement que celle de leurs critiques ou de leurs amateurs... Mais les chemins de la création aujourd'hui et le dépérissement de la philosophie ont installé une confusion des genres et des rôles -- je le dis sans jugement de valeur.

Une poiëtique n'est pas un protocole car elle n'est pas l'ensemble des rituels de l'oeuvre, l'ensemble en gestation pouvant être accidentel. Pour autant, une poëtique peut intégrer des situations protocolaires ou des rituels.

Ici je poursuis l'art conceptuel, dans les poiëtiques post-naturalistes (naturalisme sociologique et naturalisme textuel) du divertissement, advenant en art critique par l'innovation poétique, après l'événement spectaculaire hypernaturaliste du Body Art, comme art critique par le choc.

Si la stratégie du développement vectoral est médiatique (y compris la disposition de l'argent), alors elle génère l'entropie de l'extériorité de la vie nue, laquelle dans son accroissement selon une dialectique du divertissement et du choc. construit une culture collective hétéro-comportementale, extérieure au pouvoir qui l'instrumente.

La poiësis dont je tente d'expliquer le dynamisme est un faux naturalisme -- un leurre du monde social et de ses comportements convenu. Qu'il s'agisse des mots dans les chansons, que leur syntaxe brisée décode, de la médiatisation des gestes comme des protocoles habituels apparents, ce qui s'incarne est également un leurre. Un leurre du naturalisme qui réalise l'abstraction poétique, non par le rituel allégorique, mais par la disparition des interstices catégoriels entre toutes choses, sans les dépourvoir de leur altérité respective, dans le dialogue auquel l'artiste les livre.

Tout a l'air compliqué, mais pas tant que ça. Il faut juste changer de niveau pour voir le paysage autrement que comme un paysage.

Plus ça va plus je trouve impressionnant le dispositif en miroirs (critiques et auto-critiques) depuis l'album Ersatz, avec ses diverses topologies arborescentes, entre virtuel et social, entre jeu poétique comme langage au-delà de la grammaire, entre mémoire de la culture visionnée en deça de la connaissance, et actes vivants scellant la stratégie artistique dans une poiësis de la vie.
Mais la vie dans sa durée hackée en oeuvre n'est pas spectaculaire, au contraire du Body Art des plus grands artistes dans cette discipline, qui installent le spectacle d'événements impressionnants sous forme de performances, à échéance. Là est toute la différence. La vie hackée est autrement édifiante, non pas comme pornographie ni dévoilement de vérité mais comme manifestation de paradoxe et retour d'énigme, par le chemin inverse qui consiste à dévaluer moralement l'oeuvre spectaculaire en temps réel, par l'éblouissement des prolongements imaginaires éternels immergés dans la vie ordinaire. Contre le choc, la surprise, contre le vrai, le doute, contre la reproduction du système l'insolence du désordre, installé par le détail qui change tout -- peu importe qu'il soit réussi ou raté, pourvu qu'il soit accompli à l'actuel.

Ce qui effectue une critique de la culture media à la fois au dedans et au dehors.
En termes de communication chronologique, c'est l'accident de la synchronie vivante (art vivant en scène compris) par le choc de l'assynchronie des événements enregistrés (interviewes de Presse ou de télé, shows) et le moment de leur diffusion, selon qu'ils soient en direct ou en différé, qui scande la toile des déchirures en termes de malentendus. J'appelle cela des malentendus poétiques -- malentendus de l'écriture transdisciplinaire comme poésie réalisée de l'actuel -- dans les nouvelles traditions de l'échange du corpus commun que sont les media.

Concernant Julien Doré, quant à ses actes composés et enregistrés pour la reproduction de l'album Ersatz, qu'il s'agisse des chansons ou des clips ou de l'habillage et de ses objets, ou des événements vivants, showcases ou concerts, ou Live en direct, comme autant de traces significatives, manifestes au contact des nouveaux événements qui leur succèdent, rien ne s'oppose en fait, tout se confronte dans un grand collage virtuel intégrant le paradoxe des malentendus ou des contre-déclarations au sujet de l'artiste ou par lui, ses collaborations, et l'environnement élargi de l'oeuvre ; ce collage est un art conceptuel en feed back, il n'existe nulle part ailleurs qu'en celui qui l'a voulu et ceux qui y ont concourru en constatant l'effet dans son devenir après coup, ou en nous, au plus proche de la façon dont cela existe en eux, et peut-être même en nous anticipant le sens des concepts prédictibles des créateurs que leur révèlent seulement les suites du résultat..

Le tout compose une toile obsessionnelle de la cohérence personnelle, mais qui se libère de l'obsession par l'admission du hasard qui le trouble et lui procure ses facultés d'expérience et de découverte probables comme improbables. La répétition est le rythme, la vie, la reproduction c'est le système, la machine.
Donc libre cohérence et non fatale cohérence. Pas de système mais le plagia du système à des fins de dépassement par l'excès du système. La critique des références convoquées par le jeu de les actualiser innove une sensibilité commune entre l'artiste et le public qui creuse le sillage d'une poésie collective implicite entre artistes, comme entre artistes et public d'amateurs (et là on pense à Poésies de Ducasse -- ou, comme le rappelait un ami Bruxellois à propos de la vérité poétique, à Jodorowski) ; tous par là se dépassent eux-mêmes, dans le jeu cognitif avec l'oeuvre, celle-ci consisterait-elle en l'artiste communiquant lui-même comme dévaluation de modèles.

On se dit que finalement il ne s'agit pas des objets, sinon en tant que repères du destin vivant pour matière d'art. On ressent une oeuvre destinale produite sans en avoir l'air, à intégrer le monde ordinaire ou dérisoire (même les People sont ordinaires ou du moins doivent-ils le devenir dans cette stratégie, où au fond le mal ordinaire des sociétés évoqué par Hannah Arendt à propos du procès de Eichmann jouerait le même rôle mais à l'inverse ici, s'agissant de réaliser la poésie elle-même au-delà de la valeur.

Je veux dire sans valeur, or je n'ai pas exploré les limites de la valeur entre la disparition de la valeur et celle inestimable de la marchandise absolue -- étant de façon encore possible non plus l'objet d'art, mais le corps vivant des artistes agissant les poiëses, advenant aujourd'hui comme poètes irreproductibles dans le sens complet du terme. Et cela même si on reste dans le cadre de "la monnaie vivante", (qui demeurerait une forme dévaluée du système d'équivalence de la valeur économique, mais le déviant pour la persistance de la monnaie symbolique)...

Je tire ça entre Baudelaire et Klossovski, Bataille, Baudrillard, et j'en passe, mais à distance de Sade même si cela semble incongru -- du moins dans ce que j'essaye de raisonner ici, je ne veux pas d'ambiguité avec partie S&M du Body Art qui avance une grande part de spectacle extrême, même si Sade a éprouvé une limite de la pensée abstraite au delà de la valeur aux confins entre l'humanité et l'animalité, notamment dans Juliette dont la fin avait inspiré André Breton (comme Poésies de Ducasse -- Lautréamont, d'ailleurs).

Et puis d'abord aussi je pense à D.H Lawrence (je sais bien que tout ça est débranché mais demeurant à me faire réfléchir, chacun fait avec ce qui l'entoure, et disons que sans les anachronismes nous serions tous déjà morts de la disparition des pactes collectifs;-)..

Donc la poésie se réalise, peu importent les champs dévalués auxquels elle s'attaque et qui lui procurent des sources -- ou plutôt ce peu importe, justement procure le plus grand intérêt de ce qui singularise la poésie, lorsqu'elle se réalise socialement.

Je dis ce qui suit sans ironie, car 'Julien Doré -- concept -- c'est un ego vaste qui ne se réduit pas à celui de la personne, sa position -- voir un certain engagement -- dans le champ citoyen quant aux conventions communes ne m'a jamais paru cesser d'être solidaire. D'autant plus que l'approche de cette sorte de poète d'art procède de la libre action en ce qu'elle peut indifféremment surprendre ou se conformer, il ressort que cette part éthique serait-elle immorale apparaît jusqu'à ce jour sans faille, d'autant plus qu'il existe à la vue des autres clairement dans ce qu'il publie de lui, et de ce que délibérément il ne publie pas -- les actes de sa vie privée, par exemple...

De là je m'autorise à imaginer précisément une relation de sens obsolète, sauf dans le réfléchissement d'une chanson à l'autre, entre Dans tes rêves et Bouche Pute (alors qu'elles sont apparemement hétérogènes l'une par rapport à l'autre, étant perçues en dehors de cette synergie dans les évaluations de valeur ou de goût de l'album décliné par l'index des chansons, pièce par pièce).

Il y a une grande part de prédictions intuitives et autant de délibérément pensé pour le fonder, chez Julien Doré, mais toujours la ruse, qui est le signe chamanique, le signe indien (c'est une marque virtuelle du territoire victorieux entre les joueurs dans une partie de tennis, à travers laquelle fut définie la stratégie du joueur Jimmy Connors, pour ne citer que lui)...

En fait, dans la stratégie que j'essaye de comprendre -- quitte à l'anticiper par des hypothèses, parfois -- il me semble soudain que ces deux chansons se croisent à l'horizon du signe indien de Julien Doré. Notamment dans l'invitation à chanter avec Carla Bruni, tout à fait au premier degré de l'oeuvre (conceptuellement parlant).
Le défi de la rencontre serait à la fois fondé par le fait qu'elle se présente évidemment comme une artiste appréciée dans ce qu'elle fait, par l'hôte qui l'invite, que d'autre part elle soit une icône People, et enfin une femme de pouvoir requérant le charme parvenu au sommet de la représentation sociale -- ce qui ne dit pas la valeur éventuelle qui y est attachée ou pas.

Donc la proposition serait très sincèrement partenaire, près d'une personnalité publique fascinant l'oeuvre et l'auteur, notoirement chanteuse au champ tendre allié à la froideur (je pense à la reine des neiges chez Andersen), ce qui crée un effet plastique tout à fait particulier de sa façon de chanter ou de communiquer dans les média, pas obligatoirement crédible mais certain, chuchoté (alors intimiste) ou levant le ton (qui confère à l'information confidentielle d'une certitude publique).
Cela, ce métissage né de la confusion des genres et des places, ne peut que fasciner Julien Doré -- quand on suit ses actes depuis un moment. Et d'ailleurs elle est citée avec un point d'insistance dans la chanson en name dropping "Dans tes rêves"... Soudain dans la perspective du duo (merci Taratata) qui crée un figure récurrente de la citation chantée, s'installe une réalisation du texte.
Dans tes rêves : où ce n'est pas lui qui rêve mais elle -- l'image rêve puis le corps vivant rêve comme l'image dans l'acte artistique lui-même.

Pourtant il l'appelle par la chanson;-) Du name dropping à l'incantation pour réaliser la stratégie poétique.

Quant à Bouche pute : ne s'agirait-il pas d'éprouver les limites narcissiques de l'oeuvre comme stratégie de la violence poétique pour subvertir le monde, à l'expérimenter dans la réalité des mots soudain incarnés par la performance du duo, par exemple la rencontre "Comme si de rien n'était", qui jette un pont entre l'opposition autrement inconciliable entre deux chansons, deux personnalités, deux albums, étant donnés les engagements publiques de ces personnes (il cache sa vie privée si elle est présidente c'est pour pour afficher la sienne) ?

D'une séduction à l'étanchéité de la notoriété : ce que Carla Bruni pense du pouvoir sauf qu'il la fascine et qu'elle le fascine, a fortiori ce qu'elle pense de nous ou pas, est indécidable. Créer l'installation symbolique des désirs "de mots" -- comme si de rien était (lui), salut ça va (elle)-- des paroles des musiques et des chansons, cadre l'interface entre différents topos réalisés ou en cours de breakbeat (je parle des accidents de la vie comme facteur de vie pas de mort) progresssivement -- lieux comme individus ou disciplines -- innovés dans le cadre d'une oeuvre hétérogène largement ouverte. C'est le temps venu des actes d'art correspondants, largement conceptuels (il y a la chose et son spectre -- qui n'est ni de même "nature" ni semblable, car le spectre n'est pas un double, mais le concept n'est pas un spectre c'est une pensée) où tous nous sommes intégrés à l'image de Carla Bruni et de son oeuvre respective ou de son pouvoir malgré nous, mais en un lieu négantropique où c'est nous qui maîtrisons son existence, pas elle la nôtre.

Dans tes rêves que De mots ! Je veux dire : salut ça va ? -- comme si de rien n'était.
Bingo ! (Bouche pute crache victoire en musique).

Ce n'est rien d'autre que de l'intégration d'art par la poiëse de l'oeuvre. Qu'il ait osé inviter Carla Bruni, en quelque sorte qu'il ait tenté ce challenge, (alors que je ne le vois pas, à ses actes notoires, courtiser les idées de la dame ou du mari de la dame), qu'il lui ait proposé de chanter "Nobody else but you" (qu'il avait choisi pour son premier casting de la Nouvelle Star), ce qui constitue une récapitulation auto-ironique de l'ascension de l'artiste citant sa propre vie, par le choix d'une chanson qui donne la mesure de son duo avec la star-présidente, parce qu'elle chante, or vu ce que ce partenariat représente de réussite convenue ou de transgression, par rapport à lui autant que par rapport au public : c'est un hack.
Ce hack contient juste ce qu'il faut de diversité impertinente et d'insolence publique, pour pouvoir évoquer la phrase de Adam Vernon Goldy glissée dans Bouche Pute "J'irai pisser sur tes hanches pour éprouver leur étanchéité", sans irrévérence (sinon elle aurait refusé de venir et la stratégie ne pouvait avoir lieu). Parce que c'est l'acte d'art du contredon de la séduction dans n'importe quelle demiurgie poétique face au pouvoir vénal. C'est la suprématie poétique.

Indifféremment de ce qu'elle put en savoir réellement (tout reste énigmatique dans de telles stratégies) elle s'est laissée séduire, à jouer en partenaire -- il n'y a pas de détournement possible du jeu de la séduction comme subversion (Baudrillard).

Indépendamment de ce que pourrait penser de cette rencontre le public (pour ou contre selon une appréciation de non opportunisme ou d'opportunisme), indépendamment des amateurs des chansons de Carla Bruni -- son propre public, on ignore ce qu'il pense de cette rencontre, on ignore ce qu'il pense de Julien Doré --, indépendamment de ce que les amateurs des chansons de Julien Doré interprètent à raison ou à tort du sens des paroles de Ersatz : Bouche pute n'est reliée à aucun nom ni sexe particuliers, donc c'est une réalité qui plane, un être en soi... Mais d'un objet à l'autre de la poiëse de Ersatz, il se trouve qu'un des noms énoncés dans la chanson "Dans tes rêves" se réalisant autrement à travers le duo possible entre deux rêves s'incarne dans une coexistence sociale inédite configurant autrement le temps, ce qui peut librement nous relier soudain aux autres chansons de l'album : Bouche Pute, De mots -- et pourquoi pas Figures imposées -- et pourquoi pas d'ailleurs Acacia -- s'agissant du meurtre symbolique de réalité (l'initiation mais encore la séduction).


Seulement, pour aller de Dans tes rêves à Bouche Pute jusqu'à Taratata par De mots, pour se dire dans une hétérotopie media "salut, ça va ?" en toute existence d'un topos (Taratata) au delà de la hiérarchie du pouvoir et de l'exclusion, c'est-à-dire surprendre le destin apparent des chansons à l'évocation populaire, ou faussement naturaliste comme le livrent les textes, ou celui des personnes : il faut changer de bus et quitter la route vénale de la valeur de l'événement et des projections psychologiques, et savoir que cela ne se reproduira pas parce que c'est irreproductible -- demain ce sera autre chose. "Demain est un autre jour" dit L'homme qui était déjà mort -- ici c'est le corps source de l'ersatz, comme sens, qui tue le naturalisme comme art de la reproductibilité technique. Ce n'est que l'éthique de l'oeuvre qui se joue là, pas l'engagement moral de son auteur (il s'en fout), celui-ci n'étant engagé radicalement que dans le sens conceptuel des actes artistiques commis que ses actes vivants publics compromettent, y compris dans la part invisible de gestation de ses objets -- j'ai bien utilisé les mots commettre et compromettre, en les ayant choisis.

Ce type n'est pas seulement un comploteur contre les corporatismes (y compris la structure de classe sociale dans la marchandise vectorale et son spectacle comme modes de vie), mais pire que ça.

En retour, pour prix de s'être prêtée au jeu de séduction lancé par Julien Doré, comme un défi professionnel, sans résister à la stratégie (mais peut-être n'y avait-elle même pas pensé, d'abord n'y voyant qu'une raison plus simplement explicable de l'intérêt propre qu'elle-même pouvait représenter), c'est une réponse victorieuse du duo résultant de la part de culot de Julien Doré, et de la propre part d'artiste de Carla Bruni (sa part incontestable, qu'on l'apprécie ou pas, et la preuve est bien dans l'événement évoqué) en promotion de son propre album... d'avoir réussi à déplacer le risque de sa glorieuse invitée dans celui inconnu d'une stratégie vivante élargie, instruite par l'album de l'"autre" qu'est Ersatz, en extrayant la dame de son propre univers, ponctuellement. Séduire c'est subvertir et substituer -- le moment égal au temps réel d'ouvrir une faille en public est un bref instant, un regard caméra qui ne se rate pas, ou définitivement.

C'est exactement un geste qui ne renvoie pas à la vie privée mais à la création artistique dans ce qu'elle effectue de symboliquement -- d'inutilement -- vrai, quand elle parvient à se libérer de la valeur. C'est l'insulte organique de la poésie se plaçant au delà de la valeur humaniste, au delà du bien et du mal, parfois de façon insignifiante -- divertissante non aggravante --, mais sans laquelle, en tout état possible de gravité, la poésie ne pourrait exister comme monde réel subvertissant les réalités du monde media et People en les conviant dans une autre galaxie que la leur, celle du miroir ironique au regard populaire, au grand dam de la société d'exclusion qui y correspond de se retrouver réfléchie autrement, par ce jeu où pourtant nous ressentons d'autant plus la vie nue et son cortège d'angoisses et de misères personnelles et collectives, qu'elle est mise sur orbite par principe.

Ali&

PS / je n'ai pas vu la performance ni en live ni en prévue vidéo, tout ce qui précède n'est pas un délit d'initié mais un point de vue -- sibyllin (avec les avantages et les inconvénients supposésSmile)


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Voir
DU FUTURISME POST-POLITIQUE BABAROIS DANS L’OBSCURANTISME DES LUMIÈRES ÉTEINTES / 1. La fin du porno - Carla vs Nicolas

ici :
http://juliendoredigupelvis.level52.com/t603-Carla-Bruni-Sarkozy-Druckers-S…
_._._.__._._._.__._.__._._._._._._____.
Ali No War http://www.myspace.com/alinowar
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