top

[W-[ITW] Robert Charlebois en 2006 : l'alcool la drogue la création la politique

 
Post new topic   Reply to topic    JULIEN DORÉ + DIG UP ELVIS Forum Index -> Collective Space (multilingual) / Espace collectif (multilingue) -> FORUMS AND NOTES / FORUMS ET NOTES -> Works & Artists / Oeuvres & artistes
Author Message
Orphée
Administrateur

Offline

Joined: 15 Dec 2007
Posts: 1,287
Localisation: ....

PostPosted: Sat 30 Aug - 22:20 (2008)    Post subject: [W-[ITW] Robert Charlebois en 2006 : l'alcool la drogue la création la politique Reply with quote

http://www.canoe.com/divertissement/musique/entrevues/2006/11/05/2242462-jd…


ROBERT CHARLEBOIS
Le paradis naturel

par David Patry

Journal de Montréal
05-11-2006 | 13h04

Robert Charlebois sort tout juste d’une année folle où il a présenté son spectacle Tout écartillé quelque 150 fois. À 61 ans, il est plus allumé que jamais et il vit maintenant chaque minute de sa vie pleinement et intensément.

Il nous avait donné rendez-vous lundi dernier à 11 h du matin, mais il s’est finalement ravisé en s’apercevant qu’il s’agissait du lendemain du gala de l’ADISQ. Bête de scène, Robert Charlebois est aussi connu comme une bête de party. Valait donc mieux prévoir le coup. Le rendez-vous a plutôt été fixé à 16 h 15.

C’est un Robert Charlebois en grande forme qui s’est présenté à L’Assommoir, rue Bernard, un établissement appartenant à son fils. Il n’avait pas fêté fort la veille. «J’ai mangé et c’était correct, Mais quand tu ne bois pas, après une heure, les gens commencent à déparler. C’est le fun si tu bois, c’est même bien le fun. Mais le monde commence à radoter après une heure», explique-t-il.

Robert Charlebois est sobre depuis deux ans et demi maintenant, depuis qu’il a vendu ses parts dans le brasseur Unibroue. «Mais je bois quand même de temps en temps. Je me fais des plans de match. Comme entre Noël et le jour de l’An, c’est sûr que je vais boire et c’est convenu comme ça. Mais comme ça me prend beaucoup de temps à freiner, le jour de l’An dure souvent jusqu’aux rois et les rois durent souvent jusqu’à la fin janvier, rigole-t-il. J’ai compris que le fait d’être entre zéro et un verre est plus facile à assumer qu’être entre un verre et 100. Ou bien 1 000 dans mon cas.»

Sans béquilles

Après son dernier spectacle au Centre Bell, Robert Charlebois se lancera dans une toute nouvelle expérience, celle d’écrire un premier album complètement à jeun, même s’il trouve prétentieux de le dire comme cela parce qu’il ne l’a pas encore commencé.

«J’ai l’air de me mettre au-dessus de ceux qui boivent toujours. Ce n’est pas parce que je ne bois pas maintenant que je peux me prétendre supérieur. J’en ai vu des gars s’en sortir de l’alcool et retomber dedans», souligne Robert Charlebois.

Même chose pour la drogue. Là aussi, c’est du passé pour lui. De toute façon, affirme-t-il, l’alcool a toujours pris le dessus sur les autres drogues. Quand il fumait un joint, il y avait toujours une caisse de 24 pas trop loin. L’an dernier avec des copains, il a tenté de fumer sans alcool, en prenant de l’eau Perrier, mais n’a pas apprécié l’expérience.

Le défi d’écriture auquel il se frotte aujourd’hui est de taille, surtout que tout au long de sa carrière, l’auteur-compositeur a eu recours aux drogues et à l’alcool quand venait le temps de créer. Robert Charlebois se dit pleinement conscient de ce qui l’attend, mais ne s’en fait pas pour autant. «Il y a beaucoup d’écrivains qui me disent qu’ils ne peuvent pas écrire s’ils n’ont pas bu. Et souvent, lorsqu’ils me font lire ce qu’ils ont écrit quand ils ont bu, ils radotent et le résultat est boiteux. À jeun, ils écrivent mieux, mais ils n’ont pas confiance en eux. Ce sont des béquilles», indique-t-il.

Devant l’inconnu

Le bum au grand cœur estime qu’il est faux de croire que tous les grands écrivains arrivent à leurs fins en utilisant les béquilles de la drogue et de l’alcool. «Il y a beaucoup de poètes qui se mettent ça dans la tête et qui finissent par le croire. À mon avis, Ferré, Zappa et Aznavour n’ont jamais pris de substances et ils ont fait des choses extraordinaires. On ne peut pas dire qu’ils sont dans des paradis artificiels», note-t-il.

Mais après toutes ces années, n’est-il pas angoissant de devoir écrire sans, justement, se trouver dans ce paradis artificiel? Le syndrome de la page blanche fait-il peur à Robert Charlebois? «Ça donne confiance, mais en même temps, peut-être qu’un disque à jeun pourrait être plus flyé que les autres. On ne sait pas. Et dans les années où je prenais un coup comme le criss et que j’étais au scotch, bien avant Unibroue, j’écrivais de la marde aussi, ou bien parfois je n’écrivais pas du tout», remarque-t-il.

Ralentir la vie

Il s’agit donc d’une époque révolue pour Robert Charlebois. Il a découvert qu’à jeun, le temps passe moins vite. À son âge, où le chemin parcouru est plus important que le chemin à parcourir, il désire que la vie prenne son temps. «Les gens qui sont restés au party de l’ADISQ jusqu’à cinq heures du matin, c’est parce qu’ils étaient saouls. Ils ont refait le monde entier, mais ils ne s’en rappellent plus. Le temps a passé vite. Moi j’ai trouvé ça long une heure parce que je ne buvais pas», note-t-il.

«Tout ce que j’ai vécu de beau dans ma vie, mon film avec Sergio Leone, ma tournée avec Janis Joplin, si je pouvais les refaire à jeun, je me rappellerais de tout. Là, il m’en manque la moitié», déplore-t-il.

Mais il ne faut pas se leurrer, le chanteur ne regrette pas tout de sa période de party. Celle-ci lui a apporté de belles choses. «Sans l’alcool, je n’aurais jamais connu Serge Gainsbourg. Je me suis retrouvé dans des trous à Paris avec Serge, à cinq heures du matin. Je n’y serais jamais allé si j’avais été à jeun. Je ne me rappelle que de la moitié de ces affaires-là, mais je ne crache pas là-dessus du tout. Ce sont des étapes qu’il faut traverser comme être humain. Ça ouvre des canaux la psychédélie, ça ouvre des portes et des ponts musicaux aussi. Ça fait respirer ta musique, mais à un moment donné, tu as fait le tour de ça», philosophe-t-il.

Entrevue Tout écartillée

Il ne veut plus parler de politique, se dit maintenant un «anarchique» et se demande qui il est, lui, pour donner son avis sur la question nationale. Robert Charlebois est passé de révolutionnaire à désabusé. À moins que…

Lorsqu’on lui pose une question dont la réponse paraît pourtant évidente, à savoir s’il était souverainiste au début de sa carrière, la réplique de Robert Charlebois fait sursauter. «Oh, je n’avais aucun parti!» lance-t-il.

Visiblement, le chanteur a occulté tout un aspect de lui-même qui a pourtant fait sa gloire. Il s’est développé une carapace et affirme sans rire qu’il était anarchique. «Je ne suis pas libéral mais libertaire, et anarchique et non anarchiste, parce que j’ai ni Dieu ni maître», assure-t-il.

«J’ai pas le goût de parler de politique. Je n’ai pas le goût de parler de mes chansons à ceux qui n’auraient pas compris mon œuvre non plus. J’ai pas envie d’expliquer mes affaires», soupire Robert Charlebois.

« Regarde, Michel Tremblay a essayé d’en parler et il s’est fait traiter de trou de cul et de mangeux de marde. C’est pour ça que je ne veux plus en parler. C’est sorti de ma vie complètement. »

Sous sa carapace

Mais en grattant un peu, on se rend compte que Robert Charlebois a encore quelque chose à dire. Il a seulement peur des répercussions. Chat échaudé craint l’eau froide, et il a toujours en mémoire une entrevue qu’il a donnée en 1995, à quelques jours du référendum, et qui a été montée en épingle. Il ne veut plus jamais se faire prendre à ce petit jeu.

On se risque donc à poser encore la question. Il y a certainement eu une époque où vous étiez souverainiste? «Écoute, tout le monde y croyait à ce rêve-là dans les années 70. On découvrait qu’on était ni des Français, ni des Américains, ni des Anglais, ni des Mexicains. On était quoi? On avait une façon d’être nous-mêmes, d’être Québécois», laisse-t-il finalement tomber.

Entre chaque question qui touche de près ou de loin à la politique, on sent que Robert Charlebois brûle d’envie de dénoncer, décrier, critiquer et suggérer. Sur le sort des autochtones: «Traitons-les comme on voudrait que les Américains nous traitent», l’environnement et la natalité: «On ne fait plus d’enfants, on est en train de perdre nos lacs, dans 20 ans qu’est-ce qu’il va rester?», la langue: «Si on touche à ma langue, je mords, ça, c’est certain», ne sont que quelques exemples de cette envie refoulée.

Mais chaque fois qu’il laisse échapper ces quelques paroles, il s’en mord les lèvres et réitère sa volonté de rester en dehors de tout ça. «Personne n’y comprend rien, ça, c’est la seule chose dont je suis sûr», martèle-t-il.

Et la souveraineté, M. Charlebois? «Il faut donner leur indépendance à tous les peuples qui la demandent. Mais il faut que le peuple le veuille. Pas à 50%. Imagines-tu le 50%+1 ? Tu coupes le Québec en deux, le Québec se suicide, le Canada se renforcit et tu ne gagnes rien. Si 60% des Québécois le veulent, bravo!» se risque-t-il.

Vous iriez voter s’il y avait un autre référendum? «J’irais sûrement voter, oui. Ça dépend. C’est un projet de société, mais il faut qu’il y ait une équipe en place à qui je crois.»

Et à l’entendre parler du Parti québécois, il ne s’agit pas de l’équipe qu’il attend. Selon lui, le PQ radote depuis 40 ans. «Il s’accroche au pouvoir comme des petites filles après leur poupée», image-t-il.

D’ailleurs, comme artiste, Charlebois refuse de chanter pour le pouvoir, ce qu’il laisse aux démagogues. Quand il s’est rendu compte que le PQ était comme tous les autres partis et qu’il voulait gouverner, non faire la souveraineté, «c’est là que ça a tourné», admet-il. Voilà pourquoi il refuse maintenant de parler de politique.
_._._.__._._._.__._.__._._._._._._____.
Ali No War http://www.myspace.com/alinowar
Back to top
Publicité






PostPosted: Sat 30 Aug - 22:20 (2008)    Post subject: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Back to top
Orphée
Administrateur

Offline

Joined: 15 Dec 2007
Posts: 1,287
Localisation: ....

PostPosted: Sat 30 Aug - 22:32 (2008)    Post subject: Robert Charlebois, biographie Reply with quote


Robert Charlebois
Biographie complète, dans le site de Radio France International
http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_8883.asp


_._._.__._._._.__._.__._._._._._._____.
Ali No War http://www.myspace.com/alinowar
Back to top
Contenu Sponsorisé






PostPosted: Today at 15:12 (2017)    Post subject: [W-[ITW] Robert Charlebois en 2006 : l'alcool la drogue la création la politique

Back to top
Display posts from previous:    Previous topic : Next topic  
Post new topic   Reply to topic    JULIEN DORÉ + DIG UP ELVIS Forum Index -> Collective Space (multilingual) / Espace collectif (multilingue) -> FORUMS AND NOTES / FORUMS ET NOTES -> Works & Artists / Oeuvres & artistes All times are GMT + 2 Hours
Page 1 of 1

 
Jump to:  

Index | Administration Panel | Free forum | Free support forum | Free forums directory | Report a violation | Conditions générales d'utilisation