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Lorelle Administrateur
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Joined: 29 Nov 2007 Posts: 522
Localisation: A l'ouest
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Publicite Xooit
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Posted: Mon 16 Jun - 23:30 Post subject: Publicite Xooit |
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Orphée Administrateur
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Joined: 15 Dec 2007 Posts: 1,289
Localisation: ....
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Posted: Fri 25 Jul - 13:54 Post subject: "Faut-"Faut-il sauver le soldat Doré ? (2)" |
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http://www.technikart.com/2008/06/19/7460-faut-il-sauver-le-soldat-dore-2 Faut-il sauver le soldat Doré ? (2) 
Avec Ersatz, son premier album solo sorti ce lundi 16 Juin, Julien Doré signe un album complètement dans l'air du temps. C'est à dire assez chiant. Conscient que derrière chaque artiste se cache un homme parfois plus complexe que son image médiatique, Sylvain Fesson est allé sonder la personnalité du chouchou de la Nouvelle Star 2007. Bilan ? Aïe...
A l’aune de ses prestations charismatiques et déjantées dans le télé crochet de la 6, on ne pouvait que croire en l’avenir du soldat Doré : avec sa culture de rocker beaux-artiste celui qui dynamitait « Lolila » d’Alizée à heure de grande écoute c’était un peu nous qu’on se disait. On attendait donc la sortie de son premier album prévue pour le 16 juin comme on attendait la performance de Sébastien Tellier à l’Eurovision le 24 mai au soir : avec une certaine impatience. Mais voilà l’auteur de « La ritournelle » s’est gaufré et Ersatz, l’album de Julien Doré nous a déçu : trop calculé variété, trop propre et trop nulle part à force de vouloir être partout. Et puis humainement Doré, c’est un peu la cata : trop aware et imbu de lui-même le gars. La tentation du cross-over spé-popu aurait-elle atteint là ses limites ? Interview.
Technikart : Une chanson comme « Dans tes rêves », c’est un gros doigt adressé aux faux amis du showbiz ?
Julien Doré : Ça dépend comment tu vois le morceau. « Dans tes rêves » ça peut vouloir dire « Si tu crois que tu es mon ami, tu te gourres complément » mais ça peut aussi vouloir dire « Dans mes rêves Bashung est mon ami, etc. » On le prend comme on veut, c’est ça qui est bien. Avec Scrima on s’est marré à faire ce morceau en forme de name-dropping, tellement qu’on a finalement gardé la maquette du premier jet. Voilà, moi je fais aussi de la musique pour me marrer. Et puis ça fait un bel interlude dans l’album. J’aime bien les petits interludes dans un disque, comme fait Cody Chesnutt ou comme il y en a dans le R&B, ça me fait marrer.
Technikart : J’ai eu l’impression que dans « Dans tes rêves » les chœurs étaient interprétés par Philippe Katerine.
Julien Doré : Non c’est juste moi qui prends une voix aigue. Et dès que je monte dans les aigus on me dit que je fait mon Katerine. J’aime bien Katerine, et si la comparaison est si évidente, ça ne me pose pas de problème. Je préfère qu’on me compare à Katerine qu’à Teki Latex.
Technikart : Pour ce disque tu aurais aimé faire un duo avec Katerine ?
Julien Doré : Non, mon duo de rêve c’est avec Arno.
Technikart : Tu chantes « De mots » avec lui. Comment ça s’est fait ?
Julien Doré : Il y a quelques temps, Guillaume de Molina, le guitariste de mon groupe Dig Up a écrit une chanson en anglais et quand on la joue folk ça me fait penser à un hymne de fanfare un peu universel comme Arno sait en faire. Un jour je me suis donc dit qu’on devrait proposer à Arno d’écrire un texte dessus et que ce serait super si ça pouvait finir sur l’album. Il a écrit le texte et on a décidé de la chanter ensemble.
Technikart : Lors de la séance d’écoute de ton disque chez Sony les attachés de presse ont été surpris lorsque je leur ai dit que j’avais décelé du Santana et du Goldman dans ce morceau. Mais j’insiste : pour moi « De mots » s’ouvre sur une guitare très Santana et à un moment dans ses couplets il y a une suite d’accords qui me fait vraiment penser à « Encore un matin » de Jean-Jacques Goldman.
Julien Doré : Santana, je ne connais pas, je ne sais jouer qu’un morceau de lui, et Goldman, sans déconner, je ne connais pas du tout. Mais peut-être que c’est inconscient. Tout à l’heure je parlais de Gainsbourg, et bien toute sa musique elle vient de Listz et Chopin, et pourtant Gainsbourg on dit que c’est du Gainsbourg et rien d’autre. Ce qui fait le truc finalement c’est les fréquences de la voix. Une chanson d’Arno chantée par Obispo ça ne marche pas. Ce qui fait la force de « De mots » c’est donc le duo de nos deux voix et au-delà de ça la satisfaction personnelle que j’ai à chanter avec ce mec qui m’inspire, dans sa manière d’être en dehors des temps. C’est pour ça que ça fonctionne et que c’est un titre fédérateur, mais pas fédérateur branlette pour plaire à tout le monde.
Technikart : Pas démago ?
Julien Doré : Non. D’ailleurs pour en revenir à Santana et Goldman, je ne pense pas que c’était des mecs démagos, au contraire je pense qu’ils faisaient leurs trucs de manière très premier degré, et en cela c’est plutôt respectable. Après la musique de « De mots », c’est vrai qu’elle a un côté universel, populaire. Elle a ce côté hymne qui me touche énormément chez Arno. Quand je vais le voir en concert au Bataclan, je suis content de voir dans le public des meufs de 60 ans danser de manière old school comme à la Fête de l’Huma et en même temps des jeunes mecs qui boivent leurs bières et qui kiffent de le voir cracher ses tripes avec son groupe de tueurs ultra rock’n’roll. Donc voilà il y a des titres comme ça où la voix change tout. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si j’ai choisi « Les limites » comme single. Sur ce morceau, vocalement, je trace comme dans les années 60. Il n’y a pas d’effet de style. Je ne suis pas en train d’essayer de draguer les gens.
Technikart : « Les figures imposées » sonne un peu cheap pop eighties comme du Daho. D’ailleurs « Soirées parisiennes » m’a carrément fait penser à « Comme un igloo »...
Julien Doré : Sur « Soirées parisiennes » avec Antoine Gaillet, le réal’, pour les cuivres j’avais envie d’aller vers Mardi Gras B.B., le son de gratte je le voulais à la John Spencer et dans le cheminement de la voix vers une sorte d’acmé je me sentais proche d’Alain Kan. Maintenant, là encore, on peut aussi y voir du Santana, du Goldman. C’est tellement facile de poser des références sur une musique, je peux le faire pendant des heures et j’aurais toujours raison ! Tu peux le faire pendant des heures et tu auras aussi toujours raison ! On peut dire tout et son contraire.
Technikart : Le texte de « Soirées parisiennes » brocarde la branchitude de certaines soirées de la capitale. Ce n’est pas un peu facile de balancer ce genre de critiques ?
Julien Doré : Ce texte, je le trouve surtout très bien écrit. Ce qui est assez rare en français à l’heure actuelle.
Technikart : Soit, mais le propos c’est du vu et revu et c’est dit de manière très premier degré.
Julien Doré : (Silence.)
Technikart : Je veux dire, c’est casse-gueule. Je ne sais pas si tu fréquentes ces soirées mais en tant que musicien reconnu tu n’es pas à l’abri d’en être, en tous cas pour le grand public tu en es forcément d’une manière ou d’une autre. On ne peut donc pas s’empêcher de penser que tu craches dans la soupe.
Julien Doré : Sauf que ce n’est pas du tout mon genre d’aller au Baron ! Cette chanson c’est une sorte de balade dans Paris. Ça débute dans une discothèque et ça se poursuit dans des recoins plus obscurs. Il y a un cheminement comme ça, initiatique. C’est comme quand je vais voir une expo d’un teubé d’artiste contemporain au Palais de Tokyo. Je me balade de pièces en pièces et je décrypte petit à petit son œuvre, j’accède à la compréhension du truc. Mais au-delà du sujet, j’insiste : « Soirées parisiennes » c’est un texte supra bien écrit. Qui fait des rimes comme ça aujourd’hui ? Tu peux chercher : personne. C’est BABX qui m’a écrit ces paroles, un mec qui a une vraie indépendance et une manière d’écrire qui lui est propre. On a super kiffé sur ce morceau ! J’adore ses phrases, l’investissement que ça me permet dans la voix.
Techniakrt : Les 14 morceaux de ce disque sont très variés mais ton chant reste toujours sur le registre du crooner. Pourquoi ?
Julien Doré : Je crois que c’est lié aux fréquences de la voix, dont on parlait tout à l’heure. J’ai une voix de basse et les mots en français touchent plus avec une voix de basse qu’avec une voix de soprano. Si tu veux c’est ce qui fait la différence entre France Gall et Patti Smith. Car voilà la musique ce n’est pas que de l’inconscient, pas qu’ésotérique, c’est aussi scientifique. Et c’est prouvé qu’une voix de basse par ses fréquences touche plus le ventre des gens. Dans l’histoire de la musique ce n’est donc pas vraiment un hasard si les chanteurs qu’on retient sont Gainsbourg, Brel, Brassens, Dutronc. Ils ont tous ont une voix de basse ! Ça me rassure. Mais bon, avec sa voix de soprano Obispo a quand même touché des millions de gens et ça on ne peut pas le nier. On verra juste ce qu’il en reste dans quelques années.
Technikart : Tu as un morceau qui s’appelle « Bouche pute ». De quoi ça parle ?
Julien Doré : C’est une histoire d’amour. C’est le premier texte que j’ai écrit en français, de ma vie. Je l’ai écrit en septembre, dans mon appart, à Paris. Avec ce premier jet j’ai trouvé mon style en français, un mélange d’énergie primaire et de sentimentalité un peu en retrait, un collage d’images surréalistes comme je pouvais le faire en anglais. Et ça ne veut pas dire que j’aime les gros mots, ça n’a aucun intérêt en soi, ça ne veut ni dire que j’appelle ma meuf bouche-pute dans l’intimité, c’est juste que j’aimais la beauté du collage. C’est comme quand je dis, plus loin: « Un jour j’irai pisser sur tes hanches pour tester ton étanchéité ». Ce n’est pas là pour refléter ma sexualité, c’est juste que voilà le contraste du collage exprime bien le cri d’amour.
Technikart : Deux dernières questions avant de te laisser puisque l’attachée de presse me fait signe d’abréger. Que penses-tu de Jean-Claude Van Damme ?
Julien Doré : Euh… Je ne sais pas. Faire semblant de ne pas être conscient de parler dans un langage surréaliste ça te rend pathétique. Mais Van Damme est génial dans le sens où il fonctionne comme un chef d’œuvre d’antan, c’est-à-dire un chef d’œuvre possédant l’aura. Walter Benjamin t’en parlerait mieux que moi. Mais ce que je veux dire c’est qu’il y a des moments où Van Damme est comme auréolé d’une sorte de halo – pas forcément lumineux – et ce n’est pas du tout dégagé par lui mais par l’image qu’on se fait de lui. Et ça c’est un peu vicieux car je pense que lui n’en a absolument pas conscience. Car faut se détendre, il n’a pas inventé un langage, il est au contraire dans un truc super premier degré, super bourrin, pas bon. Donc ce que je pense de Van Damme ? Que c’est le mec le plus premier degré au monde.
Technikart : Dernière question donc : tu name-droppe Corinne Touzet dans le morceau « Dans tes rêves ». Pourquoi ? C’est une Milf (Mother I’d like to fuck) pour toi ?
Julien Doré : Ah non, pas du tout.
Technikart : Déjà tu sais ce que Milf veut dire.
Julien Doré : Oui, moi aussi je télécharge des films. Mais si je la cite en fait c’est pour la rime. Touzet c’est un mot qui me fait marrer. Pas forcément parce que ça fait penser à partouze, non, juste je trouve que ça sonne bien.
Technikart : Ça sonne mieux que Véronique Genest ?
Julien Doré : Oui, c’est ce que j’allais dire. Je regardais aussi son téléfilm. En fait quand j’avais 16-17 ans je passais mes jeudis soirs lose à regarder tous les téléfilms policiers de TF1. Corinne Touzet fait donc partie de mon imaginaire et de mon affect. Après, à l’époque son petit côté provincial, ses seins et son uniforme ont peut-être éveillé en moi un fantasme, mais maintenant je ne tripe plus dessus.
Technikart : Ok.
Julien Doré : Tiens à propos de ces téléfilms, je me rappelle qu’ado j’adorais leur musique. Je rêvais de pouvoir faire la musique de Navarro. Il m’est d’ailleurs venu un rapprochement assez évident dernièrement : je me suis aperçu que la musique de Grand Corps Malade puisait son inspiration dans les pianos de Navarro. Je ne déconne pas, la musique de Grand Corps Malade c’est la musique qu’on entend quand Navarro est dans son appart le soir après l’action et que sa fille lui sert un whisky. Je dis ça, ce n’est pas une critique, juste je mets à jour les ressorts affectifs sur lesquels repose sa musique et donc, probablement, une partie de l’engouement qu’il suscite. Et en disant ça on revient un peu à la démarche de Sébastien Tellier. Je veux dire « Divine », le morceau qu’il va chanter à l’Eurovision et bien pour moi ça fait appel aux Bronzés font du ski.
Technikart : Oui, pas faux, je n’y avais pas pensé. Et c’est marrant parce qu’à propos de morceau tous les journalistes et même Tellier lui-même citent les Beach Boys en référence. La conclusion ce serait donc que les souvenirs d’enfance ont plus d’impact sur nous que les références artistiques qu’on acquiert plus tard.
Julien Doré : Oui parce que ça t’arrive tellement brutalement que tu n’as pas le temps de réfléchir. C’est ce qui fait que c’est si chouette de faire de la musique.
Propos recueillis par Sylvain Fesson
par Sylvain Fesson, le Jeudi 19 Juin 2008 _._._.__._._._.__._.__._._._._._._____. Ali No War http://www.myspace.com/alinowar |
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