top

Julien Doré, Ersatz, ou l'album comme installation multipolaire : du graphisme au non graphisme la réalisation visuelle du mal

 
Post new topic   Reply to topic    JULIEN DORÉ + DIG UP ELVIS Forum Index -> Julien Doré + Dig Up Elvis (francophone) -> L'ÉMERGENCE COMME POINT DE VUE -> Critique
Author Message
Orphée
Administrateur

Offline

Joined: 15 Dec 2007
Posts: 1,287
Localisation: ....

PostPosted: Mon 26 May - 03:22 (2008)    Post subject: Julien Doré, Ersatz, ou l'album comme installation multipolaire : du graphisme au non graphisme la réalisation visuelle du mal Reply with quote

/
/
------------------------------------------------------------------------
/Le collage d'articles suivant provient des messages progressifs de "l'auteur" découvrant les anamorphoses et la texture graphique du panoramique en plusieurs panneaux de couverture, de l'album, Ersatz, réalisé par Guillaume de Molina et Jean Adrien Arzillier, dans un concept thématique en phase avec les idées artistiques Julien Doré... Ces messages ont été postés dans le forum http://www.julien-doré.net les 24, 25 et 26 mai 2008 d'où ils ont été extraits afin d'être archivés ici pour mémoire, montés ensemble hors du contexte de leurs réponses ; par conséquent aller les consulter dans leur environnement peut éclairer, du moins en y consultant l'iconographie telle qu'elle est présentée et signalée en cours de discussion.

Il s'avère que la texture est composite, au sens qu'elle est composée d'icones et de fragments d'icones qui n'apparaissent pas à première vue... Ainsi il ressort de la texture d'un tronc d'arbre qu'il est un amas de fragments de corps animaux ou humains et qu'il n'a d'arbre que son apparence à première vue.... etc. C'est le parcours d'apprentissage pour voir ces compositions qui est relaté dans ces posts, où on tente de connoter simultanément, les allégories culturelles qui se présentent comme des leurres.

/
------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------
------------------------------------------------------------------------
Voir les icônes de référence :
http://juliendoredigupelvis.level52.com/t351-Guillaume-de-Molina-auteur-exe…
*
*Ce diorama nous promène dans une vision allégorique de la nature suivant les quatre siècles de la modernité technique, du XXIè au XVIIIè, tous les siècles intermédiaires ont leur accroche dans l'habillage de l'album (si je peux me permettre;-). Le blanc est une couleur initiatique, notamment dans les allégories (pour les récits) et pour les hermétismes (les sectes antiques et du moyen âge -- et dans les symboles alchimiques), en Inde c'est la couleur du deuil ; que dire des linceuls ? Le blanc est très peu virginal en réalité, il faut toujours se méfier des dames blanches (voyez Lana Turner dans Le facteur sonne toujours deux fois;-) c'est aussi la couleur sous laquelle apparaissent les spectres quand ils s'habillent pour se rendre visibles, non ? et celles des voiles sur les visages pestiférés... c'est une couleur initiatique et/ou liées aux sanctuaires (y compris les personnes sanctuaires -- celles dont on doit se tenir à une distance respectable, et les prêtres ou les vestales). Si dans notre culture on l'attribue encore à la pureté et à la virginité, c'est depuis que l'antiquité l'affectait aux impubères et aux novices destinés à être initiés, et... la liste serait longue, mais on peut ajouter qu'en termes académiques il faut toujours une touche de blanc dans une composition colorée pour révéler la lumière des couleurs. Quant à l'oiseau de Jay dans le clip n'y a t'il pas quelques grandes toiles modernes et surréalistes à la colombe ? Et dans ce cas il s'agirait du message de paix ? Il y a aussi les oiseaux qui changent de posture au long du cycle de la dame à la licorne. Ce serait plutôt le poney au lieu du cheval camarguais ou de la licorne qui m'interrogerait, personnellement...

Je ne ferai pas de commentaire sur les femmes voilées de blanc plutôt qu'en nudité de Eve qui hantent la nature, comme au fond tout cela est après le péché originel, une nature flétrie)

C'est signé Guillaume de Molina et Jean Adrien Arzillier... comme tout l'habiillage thématique de la promo et les photos que nous verrons se dérouler sous nos yeux d'alleurs, si je devnie bien... je vois déjà le magnifique portrait de Julien Doré, que juliendoremusic a mise sur son myspace, ressortir dans le site de la fnac (qui annonce la rencontre du 20 au forum Ternes à Paris) sous leur copyright joint. Mais j'attribue arbitrairement (sans confirmation des artistes) la partie graphique de la moitié droite du panoramique de couverture : à Guillaume de Molina.
------------------------------------------------------------------------



Bon, je ne sais pas si le voile est un slip, oui peut-être mais en tous cas c'est un paon, on voit sa longue queue non déployée qui traîne par terre vers les premier plan, son corps sur ses deux pattes et sa tête serait cette partie voilée ; car les têtes de paon sont petites et au bout d'un cou assez long.

Le tarot alchimique qui intéressait beaucoup Nerval, ou Rimbaud : http://hdelboy.club.fr/tarot_alchimie.html

Indépendemment du slip (oui peut-être) qui alors serait le détournement des sources alchimiques ou littéraires "classiques" suivantes, et alors ce serait bien un clin d'oeil à Ducasse, voici une succession de poètes et d'hommes de lettre hermétistes ou hallucinés présentant des bestiaires étranges épars dans leurs oeuvres ou des animaux symboliques, et oui des paons sous plusieurs aspects, qui pourraient faire partie de la bibliothèque idéale de nos artistes favoris :

Gérard de Nerval, Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Alfred Jarry, Isidore Ducasse Lautréamont (le bestiaire du chant 5 -- 7 strophes -- des Chants de Maldoror) http://www.cavi.univ-paris3.fr/phalese/MaldororHtml/Oeuvres/MaldororChant5.… (cliquer sur la flèche droite pour avoir progressivement les 7 strophes)
George Bataille, D.H. Lawrence et peut-être bien Yves Bonnefoy (mais là j'en suis moins sûre).

Déjà bien relire _le chant V_ car Lautréamont est je crois une de leurs grandes sources (André Breton dès les années 20 a imaginé le mouvement surréaliste en célébrant Lautréamont et les surréalistes lui ont voué une sorte de culte, et puis vint le tour de Raoul Vaneigem qui a écrit un texte important sur Lautréamont vers 56 il le voyait en regard de Fourier, et puis c'est le tour de Debord -- notamment à propos du plagia et du détournement comme subversion... ) Donc ce serait un mélange de tout ça à la fois mais une sorte de dédicace à Lautréamont -- surtout si c un slip, le pied de nez ne m'étonnerait point Mais j'ai pas le temps de le relire et ça fait bien longtemps que... Au fond tout ce bestiaire pourrait être un hommage à Lautréamont quand on y pense... oui c'est ça je crois, un slip en guise de voile.... voilà un beau détournement des clichés de notre temps et de l'allégorie en général, qui honore bien Lautréamont et Debord à la fois !

Voilà voilà, tout revient:) dans le texte où Debord avait cité Lautréamont pour exprimer le détournement, ce n'est pas un texte de l'IS et c pourquoi j'ai eu du mal à le retrouver, en fait il était encore Lettriste, c'est un texte de mai 56 http://sami.is.free.fr/Oeuvres/debord_wolman_mode_emploi_detournement.html où il considère que Lautréamont a fait -- entre autre -- un détournement de Buffon et du naturalisme:) voilà : ben c'est en rebondissement logique dans Ersatz -- pas seulement cela mais entre autre. Il y a aussi le texte de Vaneigem sur Poésies que j'ai cité et dont j'ai trouvé le lien (écrit la même année). http://www.maldoror.org/documents/vaneigem.txt

Bon et voilà j'ai donné le lien sur l'université de Paris III pour "Les chants de Maldoror" intégraux, vous les avez là aussi, sans doute plus faciles à lire car en déroulant pas en cliquant, et recopiables (c'est le même version que celle de Paris III mais il faut prévoir de corriger ou de rétablir toutes les lettres accentuées) :
http://www.maldoror.org/chants/ ; il y a des animaux presque partout à commencer par le chant 1 qui nous trompe d'éléphants
et voici pour télécharger "Poésies"... en FTP anonyme : http://www.maldoror.org/poesies/index.html
------------------------------------------------------------------------


Ce n'est pas fini ; non seulement le bestiaire dédié à Lautréamont expliquerait la part de plagia dix neuvièmiste de cette région graphique des Limites (la région de couverture de Ersatz étant un plagia de l'époque la plus récente, qui déconstruirait Guy Peellaert, le mythologiste des célébrités et du rock'n roll du siècle dernier, suivie de traces qui évoqueraient des univers ruinés attachés à la science fiction visionnaire de la fin de la modernité industrielle et de l'humanisme), mais cela signifie la poursuite du bestiaire sous la forme de sa participation vivante au clip (et même si la colombe à l'épaule de Jay évoque des poèmes surréalistes et des toiles modernes attachées à la paix).... Donc le fil rouge du cycle thématique dont le viatique sémiotique ce sont les animaux, et il marque toutes les disciplines de la synergie attachée à Ersatz, et c'est le même depuis le graphisme de la couverture, au clip et jusqu'à la promo qui exploitera les photos prises à la Tourrette... et je me demande bien ce que sera la scène de vivante de Julien alors ! MDR J'ai hâte !

Enfin, le slip "kangourou" géant en guise de hidjab sur la petite tête du paon en effet signe le graphisme des Limites, la partie la plus clairement dédiée à Lautréamont, pourrait-on dire, l'autre étant la plus proche d'une dédicace à Debord (la partie la plus contemporaine) selon cette tradition :

Les compagnons maçons de chefs d'oeuvre des fabriques et des rocailles et mobilier en ciment, pour aménager les jardins ou les parcs, au début du siècle dernier, étaient des maçons catalans qui migraient pour répondre à ces commandes, plus particulièrement dans le Sud de la France (le jardin exotique de Monte Carlo fait partie de ces oeuvres, mais il y en a eu partout en France et ces maçons étaient des anarchistes) et qui signaient toujours leurs oeuvres par la présence d'un outil ou d'un vêtement personnels similarisés (plagiés) en ciment, qui restait posé ou accroché dans une des fabriques de l'oeuvre, pour que les autres compagnons qui passeraient par là puissent identifier leur confrère par cette signature. (Il y avait aussi, mais alors là des grafitis, des signatures des hobeaux migrateurs (des personnes pas des oiseaux, visitant les Etats-Unis sans recours à l'argent, qui ont inspiré leurs successeurs de la Beat Generation), parlant pour ceux qui arriveraient après leur départ, pour les prévenir du climat d'accueil favorable ou hostile de la ville, sur les voies de chemin de fer et dans les villes, aux Etats-Unis.

Ce serait donc bien non seulement un slip kangourou mais précisément le signe reconnaissable de Guillaume, qui a été photographié en slip kangourou pendant l'enregistrement de Moi Lolita l'été dernier, et qui a été déclaré avoir signé la couverture des Limites (et l'un -- sinon le ? -- des créateurs du thème graphique, puisque c'est lui et Jay qui ont signé les photos faites à Tourrette, du moins celle qu'on connaît).

Le slip géant serait l'auto-dérision du type qui non seulement signe mais se salue lui-même, salue son exploit...

Du plagia critique (dont le naturalisme) à la signature, oui, c'est bien la trace de Lautréamont et de Debord, tout à fait singularisés par un événement inattendu qui s'appelle Julien Doré et Ersatz, comme objets, comme actes vivants, et comme mouvance de création : avec Guillaume, et Jay --- donc "l'émergence" plus que jamais (je me suis pas plantée en disant qu'ils étaient des post avant-gardistes émergents). Et de plus, revisitant plastiquement les quatre siècles de la modernité technique de l'artefact de la nature aux ruines de la production.. Je prête davantage la couverture au loup blanc de Ersatz à Jay, c'est en termes de rendu iconoclaste plus trash -- post punk -- que celui des limites -- Les limites, et toute cette partie étant plus instruits par les signes depuis un rendu quasiment parfait de l'illusion ou du trompe l'oeil -- ; cela correspondrait davantage au style radical et non fini, fondé par la construction et le plagia brutal, par lequel il nous a frappés avec les affiches de Dig Up Elvis inspirées par les séries B et la BD de SF.. encore qu'il ait réalisé des oeuvres d'exposition parfaitement finies, quoique minimalistes et conceptuelles, sans rendu stylistique exprimé ; tandis que Guillaume qui est radical dans ses idées, lui aussi, par contre l'est sous un rendu romantique (y compris d'ailleurs sa musique "industrielle" de l'émotion).

Mais ce sont des spéculations pour inspirer car je n'en suis pas assurée venant d'eux, et dans la couverture de Ersatz il y a les deux coquelicots -- sombres, dans un rouge cassé au noir -- attachés au premier champ de coquelicots iconographique qui éclatgait au contraire de lumière -- et thématique : le sud, la beauté du rouge comme lumière, et la drogue vivace dans les univers ruinés -- de Dig Up Elvis au moment du trio fondateur (cliquer sur "enter" : http://pagesperso-orange.fr/digupelvis/ ).. Mais deux : cela désigne-t'il Linsay et Julien, co-fondateurs tatoués de DUE, Linsay par laquelle Julien "serait" advenu à la musique ? ou Guillaume (qui les a rejoints pour donner corps musical à ce groupe) et Julien : soit Julien et Guillaume, ce qu'il resterait de vivace de la fondation pragmatique de DUE dans le concept de Julien solo ? ou encore ces deux coquelicots représentant les deux concepteurs graphiques du thème plastique de Ersatz, Jay et Guillaume ?

PS/ Il y a aussi chez Lautréamont des altérations de la langue et des mots, comme ds accidents de l'écritiure, des fautes par hasard attachées aux premiers manuscrits, mais comme volontaires à partir du moment où Lautréamont ne les pas corrigées avant l'impression, Julien s'en est inspiré pour s'autoriser dans ses adpatations infiltrées de petit aphorismes pour la nouvelle star.. Et apparememnt c'était un exercice référentiel qu'il paratageait avec Julien Francioli, qui lui généralise radicalement l'écriture de la faute et de l'altération de la langue, dans ses propres écrits.
------------------------------------------------------------------------


Le dresseur de kangourou, la présence d'un vrai kangourou dans un quatrième clip restant à paraître au moment de la sortie de l'album serait une métamorphose intéressante du slip MDR

Remix : peut-être nous réserve-t'on ce quatrième clip, davantage scénographié et qui serait celui de l'album lui-même, une synthèse visuelle cinématographique de la synergie thématique ? -- en attendant les concerts vivants qui prolongeront peut-être tout cela sous une forme minimale de la présence des accessoires de jeu de Julien en scène ?

Il reste tout de même, au-delà que l'explication de la signature paraisse une des explications probables, qu'un symbole phallique (le cou du paon comme un sexe en érection) dont le slip serait le voile, la coiffure de l'humilité ou la coiffure résiduelle, reste tout de même très émergent... si on ne se contente pas de l'attribuer à la psychanalyse MDR.

------------------------------------------------------------------------


[QUOTE=(...)] dans le reflet de la vitre c'est Joseph Beuys (qui en plus à un faux air de brel)

http://www.canadacouncil.ca/prix/ggavam/2006/yt127864877598656345.htm[/QUOTE]

Merci pour cette info, donc ce serait un long graphisme pluri-disciplinaire d'intégration des signatures comme formulation poétique, un dépassement des graphes et des tags appliqué à la plasticité académique, environnement qui les intégre.. : ce sont des artistes géants du méta-art ?
Mais j'ai peur que ce ne soit bien plus compliqué que cela, que la nature ne soit la texture des icônes elles-mêmes....

Voir l'article sur Joseph Heinrich Beuys :
http://juliendoredigupelvis.level52.com/t356-Joseph-Beuys.htm

[QUOTE=(...)] (...) Ce que j'apprécie aussi et qui est confirmé par tes recherches personnelles, c'est l'esprit de travail de qualité voulu par Julien... Tous ces portraits plus ou moins cachés, ces subtilités auxquels se réfèreront les initiés, les autres appréciant déjà l'originalité de la présentation de l'album de l'artiste ...(préférence pour le téléchargement, plusieurs clips, présence sur les plateaux télé pour d'autres domaines de prédilection, etc, etc, ...), mais c'est un vrai érudit !!! :fish_h4h: (...) ... :laughing1: Ayons toujours de l'humour, comme ...Julien, d'ailleurs !!![/QUOTE]

La preuve de la signature c'est aussi l'évocation des hobeaux et des migrations de la route de la Beat Generation qui sont là, les compagnons de route Jacques Kerouac et Neal Cassady, etc... toutes les traces des mouvements de la post-modernité sont évoquées (dont la période hippie après la période Beatnick), et donc bien sûr que le retour à la campagne pour résoudre les problèmes des limites est un leurre (auquel a contribué Technikart).

Tous ces signes sont des abstractions de la post modernité a fortiori les signatures des références comme trace de non oeuvre (partagé avec l'univers de l'installation vivante de DUE par Lélu au musée d'art moderne de Paris -- les tee shirts avec des noms indifféremment célèbres ou non célèbres, c'est aussi un peu l'indifférence mais privilégiée du name droping de la chanson "Dans tes rêves", et aussi cela bien sûr parle de l'univers de Jouannais)... Sauf que là c'est "émergent" parce qu'ils en font non seulement un protocole mais une oeuvre -- ils dépassent le stade du rien et de la non oeuvre... c'est pour ça qu'ils sont importants et que Julien Doré est important dans ce domaine où ils innovent des métamorphoses, sous le plagia.

Dans leur passage (un voyage sémiotique), depuis une rive étant celle ruinée et où ils laissent eux aussi leurs propres "déchets" marquant leur étape, ils sont des _passeurs _car ils la revisitent pour nous informer qu'ils y passent -- ce qui nous initie à l'ancien (dont les grafitis urbains métamorphosés par le récit du décor), l'ancien qui n'est plus qu'un leurre de l'image, qui se raconte lui-même en se déconstruisant, en même temps qu'il CE fait il se raconte en langage de signes et d'apparences, avant d'effectuer de nous transporter sur l'autre rive (vers laquelle ils se dirigent) pour nous faire participer au changement.

Et justement s'il y a les initiés par leur propre vie (mon cas) ou par leur érudition (le cas des nouvelles générations d'historiens ou d'artistes informés), il reste qu'étant des artistes populaires Julien Doré surtout qui le déclare tout de go, initie son public, et d'une certaine façon l'informe et le déplace de son aliénation codée. Donc, il NOUS forme par le fait de nous informer tant de lui que de son contexte artistique et social. Son public, il l'innove exactement comme tout objet de ses synergies, et c'est pour ça qu'il est imparable : car il déplace le public de l'art contemporain dans le public du divertissement, et l'inverse, et donc forcément c'est anti-corroratiste, c'est décloisonnant, et c'est subversif car on n'en connait pas les implications potentielles socialement disant en termes de culture active;-)

Je fais surement partie de la génération qui a connu les dernières avant gardes du projet moderne ; après nous c'était la génération Punk précisément : "No Future" -- que j'ai également connue mais plus en l'observant amicalement de très près qu'en y étant installée communautairement -- j'en étais encore aux actes méta-po-politiques. D'où ma sensibilité à cette sorte de renaissance de francophonie européenne, post nationale, dans le conformisme mondial de la culture anglophone.

------------------------------------------------------------------------


Mais non, on ne va pas s'en sortir car ils ouvrent la boîte de Pandore et ce sera toujours logique mais parfois dans la contradiction des occurences !! C'est une géométrie dynamique, non euclidienne, à la fois une spirale et une hyperbole MDR

Chaque fois qu'ils vont nous sortir un lapin de leur chapeau de magicien et il y en a encore à découvrir avant la sortie de l'album à proprement parler -- ils vont nous faire tourner avec leurs signes !

Oui, à part le slip toujours du kangourou sous vêtement français sorti de l'opprobe grâce à Guillaume de Molina l'été dernier, également porté par Jay dans le clip en outre de la coiffure du paon dans l'image, Julien Doré est grand ça c'est incontestable, ce qui n'a sans doute pas de rapport avec la taille géante du slip Smile ça fait deux ans que je suis accrochée à regarder ce type en sentant qu'il est prédictible, qu'il ouvre des univers -- de nouveau !

Bien sûr ce n'est pas la fin de la guerre au Moyen Orient ni du Patriot Act, mais c'est quand même un bon pas en avant par le divertissement... en attendant la suite que cela annonce comme bouleversante, sous les émotions ressenties, et les mille vies convoquées en temps réel des actes artistiques qui parlent toujours de ce qui fermente -- de ce qui est à l'oeuvre de naître -- dans le tréfonds des sociétés...

------------------------------------------------------------------------

Bref Julien ce n'est pas un artiste "divertissant" mais un artiste "intéressant", ou alors divertissant oui mais dans le sens des stratégies fatales de Baudrillard : qui distrait de leurs objectifs respectifs ceux qu'il séduit MDR
------------------------------------------------------------------------

http://www.julien-dore.net/forum/showthread.php?t=1081&page=12
------------------------------------------------------------------------


Bon ce qui va peut-être éclairer que Julien se promène partout dans le paysage, comme tous ne liront pas jusqu'au bout les Chants, voici quelques idées bien résumées MDR

/" BIOGRAPHIE DE LAUTRÉAMONT (1846-1870)
*1. Un destin hors du commun qui se termine à 24 ans*
Isidore Ducasse est né de parents français, à Montevideo (Uruguay), le 4 avril 1846 le jour de la saint Isidore. Son père était chancelier à l'ambassade. Il vient en France en 1859 pour y poursuivre ses études, au collège de Tarbes puis au lycée de Pau, où il est interne. Il se rend à Paris pour préparer l'Ecole Polytechnique. A l'âge de 22 ans, sous le pseudonyme de Comte de Lautréamont, il publie à compte d'auteur le premier des Chants de Maldoror, un ouvrage en prose poétique, qui passe complètement inaperçu (août 1868). Le volume complet sortira durant l'été 1869. Puis, sous le titre Poésies, il publie encore deux fragments de préface pour "un livre futur" mais qui n'a jamais été écrit. Il meurt phtisique en 1870 à son domicile du 7 Faubourg-Montmartre. Son oeuvre a été exaltée par les surréalistes. Elle apparaît aujourd'hui comme une expression particulièrement intense du désespoir et de la frénésie romantiques.
*2. Maldoror le désespéré*
Au début des Chants, Maldoror, le héros représenté sous une apparence humaine, incarne les misères et les angoissantes questions ontologiques de son créateur. Il nous apparaît "pâle, livide, le sang appauvri, la bouche livide, fiévreux". Sa lucidité paroxystique lui fait voir de manière exacerbée la souffrance de l'humanité, les guerres et les maladies qui la ravagent incessamment. Impuissant devant la tragédie humaine, il devient désespéré puis il déchaîne sa violence contre Dieu.
//*3. Maldoror le violent frénétique*
Maldoror devient alors un symbole infernal. Etre protéiforme, il se transforme en aigle, en poulpe, en grillon d'égout ou en cygne noir. Comme la bête de l' Apocalypse, il parcourt le monde et sa violence vengeresse envahit la surface de la terre. Le fantastique se mélange au lyrisme et aux envolées oratoires. La folie furieuse contamine les phrases et les strophes et le héros maudit omniprésent est là pour illustrer la terrible déclaration du premier chant : " Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté."/

http://corumcle.edres74.ac-grenoble.fr/biograpi/lautreamont.htm
Se photo (très beau, il meurt alors que le second empire s'effondre dans la guerre et la Commune de Paris va éclater -- donc il ne connaîtra pas La Commune que pourtant il pressentait -- les charniers aussi, peut-être;-) http://corumcle.edres74.ac-grenoble.fr/biograpi/lautreamont1.htm
------------------------------------------------------------------------


Cherchons bien.. peut-être que Lautréamont lui-même en outre de Rimbaud ou Verlaine -- je pense qu'il y a Verlaine et Rimbaud -- c'est sûr avec ses yeux asiatiques -- il se cache dans un arbre MDR ? A moins que justement Ducasse pour être laissé en paix soit celui qui inspire dans l'altérité, depuis l'extérieur ? Celui qu'on ne verra jamais ? L'oeil qui rêve...
------------------------------------------------------------------------


Puisqu'on est dans les durs constats.. et tant pis pour les âmes sensibles ;-) je ne crois pas que ce petit homonculus en lequel nous croyons reconnaître Julien nu à quatre pattes soit en quête du slip de Guillaume.. L'histoire de science fiction du monde post-humaniste est japonaise et s'appelle "Yapou, Bétail humain", c'est un ouvrage de référence écrit en 1956 par Shozu Numa, quand le Japon après Hiroshima et Nagasaki craignait ce que le monde était en voie de devenir (autre version de "1984" ou apparaît Big Brother), traduit récemment aux éditions Désordres en deux volumes de 500 pages chacun environ, et qui a eu le prix Sade en 2006 ; ça convient aussi à l'esprit des mangas aujourd'hui ; c'est une saga d'abord connotée par le S&M et elle est terrible.

Et l'héroïne dominante se nomme : Linsay, tel le pseudo de la choriste co-fondatriste de Dig Up Elvis ; donc je pense que cette référence dans la belle icône est celle qui a inspiré le nom de la co-fondatrice de DUE, qui à l'époque m'avait dit "merci de m'avoir vue et reconnue" -- parce qu'elle ne supportait pas que les gens l'appellent "Lindsay" et elle disait "Linsay", pas "Lindsay"!.. avant que je n'aie apprécié sa voix;-) Dans la tradition S&M c'est en même temps qu'une critique forte et puissante des temps futurs et c'est un ouvrage de référence... qui ne sied pas si mal que ça aux Chants de Maldoror;-)

http://pagesperso-orange.fr/sublimeacide/pages/litt�/yapou, b�tail humain, Shozo Numa.htm
------------------------------------------------------------------------


"Linsay", de DUE, je ne la vois en portrait caché pas dans l'image de l'album.. sinon là.. dans la nudité de Julien à quatre pattes et donc en ellipse (et comme de toutes façons c'est une référence aux mythologies fondatrices de DUE, je n'en dirai rien quant aux vies correspondantes, qui peut-être n'ont jamais éxisté en équivalence, sauf que Julien disait avoir ressenti un éveil sexuel avec les femmes flics -- TF1 -- MDR) et donc ça collerait aussi, là.... du moins en termes de fiction ; en quoi ce seraient ses propres mythologies, comme si c''était lui qui avait attribué ce surnom à Linsay et pas elle qui l'avait choisi -- et peut-être sa propre mythologie de Linsay qui ne la contient pas en réalité elle-même, ce sont des contes extrêmes de l'enfance ou de l'adolescence, comme par certains aspects les chants de Maldoror le sont;-)
Mais peut-être en plus y est-elle ?
Vous voyez bcp plus de choses que moi dans l'image et je les découvre quand vous me les désignez, sinon mon monde est la "forêt des symboles", c'est pourquoi j'aime éprouver mes intuitions au contact de vos découvertes visuelles. Cela est parfois édifiant et me rassure sur mes interprétations et je les édifie comme valides ou invalides justement à travers ce que vous découvrez : vous.
Je suis désolée, ce n'est pas moi qui suis là-dedans, je le sais et le comprends mais j'ai toujours rejeté personnellement l'univers du S&M. Pour ce qui concerne ma propre vie, j'aime justement le rire et le sourire complice, pas les rapports de domination -- et surtout pas dans le domaine sexuel MDR.
Et je pense que Linsay elle-même est aujourd'hui au-delà de la fiction de son nom, ne serait-ce que sa fille Avril le dit:) Mais donc, ce panoramique iconographique serait bien aussi, en outre, une recension de la naissance mythologique interne depuis DUE à Jean d'Oz jusqu'à Julien Solo, comme si le Solo était une naissance iniitiatique émergente (comme dans La flute enchantée de Mozart), une métamorphose renaissante au-delà de toute allégeance avec le passé, allégoriquement.
Donc l'arrivée est en réalité joyeuse ! enfin on comprend aussi pourquoi Jouannais dit que Julien, c'est grave (dans un chemin de connaissance, je pense que c'est ça qu'il veut dire).
------------------------------------------------------------------------


Le contexte c'est vraiment la science fiction ressaisie par les hallucinogènes contemporains http://pagesperso-orange.fr/sublimeacide/pages/archivelitte.htm ; il ne faut pas faire de projections personnelles et bien voir Julien Doré dans une posture d'artiste vivant qui atterrit après "Le complot de l'art" et le Body Art : la Science Fiction, n'est-ce pas aussi le principal thème des affiches de DUE, sous la forme d'inspiration des séries B ? Justement les affiches Punks de Jay -- qui a co-dessiné ce panoramique en s'associant dans une facture de rendu qui est plutôt celle des conceptions du collage comme texture de l'image, de Guillaume ?

Et puis le poète nait avec Orphée, celui qui va dans le royaume des morts mais qui en revient, même s'il ne peut pas réssuciter tout le monde en l'occurence l'être aimée tenant lieu de monde, au moins il peut dire qu'il n'a pas réussi à le faire ;-) Cette mort initiatique à l'être pour le dire à la communauté, mais cette mélancolie qui en résulte pour le passeur, c'est la naissance du lyrisme... Il n'y a rien de triste à cela c'est l'essence non seulemetn de la tragédie, mais de toute la poésie, comme du lyrisme en musique... partitions et livrets compris. Et cela a procuré bien des voluptés des sens au monde...

------------------------------------------------------------------------
j'y reviens une dernière fois.. En fait puisque ce sont des anamorphoses du paysage qui découvrent plusieurs "paysages" ou "figures" cachées... selon la façon dont on place ses yeux par rapport à l'image. Mais l'anamorphose correspond comme chez le maniériste Archimboldo, à une réalisation composite à partir d'un imagier de corps fragmentés et divers, composant la texture et le modelé des volumes des sujets par la lumière, sans perspective ; par exemple à regarder le tronc d'arbre avec une loupe, il ressort que sa texture relève d'une palette de représentations iconographiques diverses, notamment des fragments de corps -- simiesques ou des corps de colosses humains -- empruntés à d'autres oeuvres ; en fait la texture de l'arbre procède d'un amas d'icones en palette graphique.

------------------------------------------------------------------------
Remix : En fait nous sommes face à une palette graphique, numérique, de texture en fragments d'images, qui modèlent des aspects et composent les sujets d'ombre, indépendamment de la perspective, à la façon des maniéristes comme Archimboldo, et des peintres de l'anamorphose...

Varia : Les apparences sont des faux objets, en fragments, corps humains de colosses sortis de la peinture (Goyesque ou Michel Angelesque) ou objets simiesques qui construisent le buisson ou l'arbre qui sépare les deux tableaux, par exemple. C'est une construction duale. Donc en effet la foule des images utilisées comme des traits ou des couleurs, souvent fragmentées ou déformées, nous assaille comme des fantômes, d'autant plus que ces fragments ne citent pas n'importe quelle image, c'est comme "la mémoire de l'eau" MDR... C'est en quelque sorte une construction fractale dont le paysage de base en multiplication serait divers et nombreux (c'est donc aussi une critique des paysages fractals car ici rien ne se reproduit tout ou quasi est singularisé, même une touche de lumière -- caractérisée par la matière "déchet" depuis laquelle elle est virtuellement scuptée).. et c'est bien tout à fait une réalisation graphique, dans la structure même, des métamorphoses protéiformes de Maldoror.

D'ailleurs à trop y regarder, les détails de la texture peu à peu rendent ce paysage inquiétant, angoissant, car rien dans le gros plan qu'on y installe n'y demeure ce qui en apparaissait, et s'y confronter mène même jusqu'à la dissolution générale de la forme et du paysage... C'est très très fort d'aller jusque là. Toute la représentation est instable en deça d'une apparence de stabilité et liée à de faux objets, par rapport à la conception héritée du dessin et de sa perception en scène a priori dans la première perception. Monsieur Molina est très très fort en tant que questionneur plasticien et métaphysicien de la palette:-)*

Sous des airs de rendu académique c'est en fait la réalisation de l'informe, comme mal radical de la peinture et de la représentation révélé par les crises iconoclastes.
*
_._._.__._._._.__._.__._._._._._._____.
Ali No War http://www.myspace.com/alinowar
Back to top
Publicité






PostPosted: Mon 26 May - 03:22 (2008)    Post subject: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Back to top
Lorelle
Administrateur

Offline

Joined: 29 Nov 2007
Posts: 522
Localisation: A l'ouest

PostPosted: Sat 31 May - 18:03 (2008)    Post subject: Julien Doré, Ersatz, ou l'album comme installation multipolaire : du graphisme au non graphisme la réalisation visuelle du mal Reply with quote

Enfin, j'ai pu prendre le temps nécessaire pour vraiment lire ce topic !
C'est de l'or !! les références et le don de celle qui les y a mises.
Merci mille fois Orphée !!
Back to top
Contenu Sponsorisé






PostPosted: Today at 11:35 (2017)    Post subject: Julien Doré, Ersatz, ou l'album comme installation multipolaire : du graphisme au non graphisme la réalisation visuelle du mal

Back to top
Display posts from previous:    Previous topic : Next topic  
Post new topic   Reply to topic    JULIEN DORÉ + DIG UP ELVIS Forum Index -> Julien Doré + Dig Up Elvis (francophone) -> L'ÉMERGENCE COMME POINT DE VUE -> Critique All times are GMT + 2 Hours
Page 1 of 1

 
Jump to:  

Index | Administration Panel | Free forum | Free support forum | Free forums directory | Report a violation | Conditions générales d'utilisation