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[P] DE L'AIR (Fr) - Novembre 2007

 
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Lorelle
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PostPosted: Thu 27 Dec - 22:21 (2007)    Post subject: [P] DE L'AIR (Fr) - Novembre 2007 Reply with quote

Interview croisée Christian Lacroix et Julien Doré DE L’AIR – NOVEMBRE 2007

Un lien présentant ce magazine
http://antoninsabot.over-blog.com/article-10590440.html

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Conversation intime

Christian Lacroix est fan de Julien Doré. De l’air a réuni le couturier superstar et le vainqueur de la Nouvelle Star pour une rencontre informelle. Ils se connaissaient un peu. Ils se connaissent mieux depuis.

Christian Lacroix est une mère juive qui couve des mots et du regard un garçon épié depuis quelques mois par la France entière. Julien Doré est un performer qui s’exprime avec des chansons. Un jeune chanteur qui s’est fait un prénom avec une émission et souhaite aujourd’hui se faire un nom. Plus qu’un autre, il sait jouer avec le système médiatique et revendique sa liberté d’artiste. Lacroix est un monument national qui fête cette année ses vingt ans de haute couture et entend défendre encore et encore ses désirs de créer. Entretien entre deux artistes du Sud que les générations ne séparent pas tant que ça.

De l’air : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
CL : On ne s’est pas vraiment rencontrés. Enfin, moi si je l’ai rencontré, mais lui je ne sais pas… Comme tout le monde, je l’ai découvert à la Nouvelle Star. Avec Françoise, ma femme, on l’a vu débarquer un soir, et on s’est dit « il y a là quelqu’un d’intéressant, une sorte de noyau dur, un peu hermétique, qui pourrait donner quelque chose de bien ». On était très fans de la façon dont il occupait la scène médiatique et arrivait, sans cynisme, à exister à travers tout cela. Il était comme une espèce d’ovni avec une force de résistance passive… et ça m’a fait un « ouahh ». Et puis, je le dis entre nous, c’est la première fois où j’ai ressenti un désir de paternité. Si j’avais eu quelqu’un qui m’ait prolongé, j’aurais aimé qu’il soit de cet acabit. Julien possède un verbe, une attitude qui correspond à quelque chose d’un petit peu ancestral dans lequel j’ai retrouvé un côté sud, nîmois. Bref, il m’a touché parce qu’il est resté intact dans sa démarche et sa manière d’être.

De l’air Où l’avez-vous rencontré pour la première fois ?
CL : Sur le plateau d’une émission de RTL. En fait, on s’est parlé au téléphone car il n’était pas à Paris. Et je l’ai invité au défilé parce que c’était les 20 ans de ma maison et qu’il y avait tous mes amis. J’avais juste envie de le rencontrer parce qu’il m’intéressait. Je n’ai jamais voulu l’utiliser, je ne lui ai jamais demandé d’être mannequin pour la ligne homme…

De l’air : Et depuis, vous vous voyez souvent ?
CL : On s’envoie des SMS, on se parle. Avec quelques amis, nous nous sommes inquiétés de son premier concert parce que nous savions que ce n’était peut être pas sa tasse de thé. Je me souviens qu’il m’a répondu : « C’est une horreur, je suis sur le parking de Lens… »

JD (rires) Ah ! Cette phrase va me faire du tort. Non, en fait, je ne me rappelle pas avoir envoyé ce SMS, sur le parking de Lens…

CL : En fait, si nous sommes là aujourd’hui, et je vais dire une chose énormissime, c’est parce que je n’ai jamais éprouvé un tel engouement depuis les Beatles. Si, si, c’est vrai. Il y a quelque chose de cet ordre qui me touche chez Julien. Je ne sais pas quoi exactement… Cela touche quelque chose d’asexué, même si c’est très sexué et c’est bien, parce que c’est encore plus sensuel. Il possède une voix qui a quelque chose d’étonnant. Et il y a ce qu’il peut faire en s’accaparant des titres, des mots et des musiques des autres, qu’il régurgite de cette manière un peu vomie, sans être péjoratif. Il arrive à transcender l’époque d’une façon qui m’enchante. Il me fait plaisir, et je ne cherche pas autre chose dans la vie, donc je veux le connaître…

JD : Ce que vient de dire Christian sur la musique est très important pour moi. Récupérer les codes, parler de l’héritage, j’ai fonctionné comme ça dans mes études aux Beaux Art, je fonctionne de la même manière pour écrire de la musique aujourd’hui, d’une manière postmoderne toute simple. C’est comme ça que je vois le rock’n roll avec mon groupe. Il parlait de vomir, je parle de singer, dans le sens de digérer. Sans copier, évidemment, ce serait ridicule, on ne peut pas refaire le rock des Clash ou des Stooges. Cette notion de postmodernisme me touche énormément. C’est comme ça que je vis tous les jours, dans tous les flux qui me traversent, que ce soit dans le domaine de la musique, de l’art, j’essaie d’utiliser le plus sincèrement possible les moyens qui me sont donnés, et ils sont beaucoup plus importants qu’avant.

CL : La première fois que l’on s’était parlé sur RTL, je me souviens que tu avais dit dans l’émission que tu étais un escroc après l’histoire de Madonna (la reprise jazzy de "Like a virgin" par Julien Doré dans la Nouvelle Star n’était pas une création, mais la reprise de la version déjà customisée de Richard Cheese, ndlr). C’est juste postmoderne, ce n’est pas être un escroc.

JD : Oui, enfin, je n’ai pas envie de me dire sincère quand je parle de moi-même alors que je n’ai pas encore accompli grand chose. Pour l’instant ma posture se résume à occuper un terrain qui m’est proposé. Mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire dans ma vie. D’ailleurs, je suis essoufflé de faire de la promotion pour Lolita. Franchement, je ne peux plus trop l’écouter. J’ai essayé dans toutes les émissions de retravailler avec mon pote des arrangements différents pour ne pas me faire chier à chanter sur une PDO. Je n’en peux plus. Maintenant je veux bosser, exister. Ce n’est pas possible de juste flotter.

De l’air : Et comment comptes-tu arriver à exister comme tu l’entends ?
JD En quittant tout ce réseau, l’hyper médiatisation qui m’est tombé dessus.

De l’air : Mais ce réseau te donne des moyens que tu n’avais pas auparavant, comment le quitter et exister ?
JD : Oui, c’est vrai, mais il est dangereux. Je peux me sentir super bien à certains moments et pas du tout à d’autres… C’est ça qui est horrible avec ces effets de mode à la con. On peut être hype et diffusé comme underground et très populaire. Il n’y a plus aucun référent. J’ai juste l’impression d’être sur un fil avec un langage qui est le mien. Je n’ai pas attendu l’émission pour avoir envie de parler et d’exister. Aux Beaux-Arts, j’ai commencé à travailler un langage, à travailler mes sens. Et c’est bizarre aujourd’hui de se dire qu’il y a une envie pour que j’occupe certains terrains, alors que moi je n’ai plus trop envie d’être là où on veut que je sois.

De l’air : Ce réseau te sollicite beaucoup. Qu’est ce que tu ressens face aux artistes, aux créateurs comme Christian Lacroix, Jean Paul Gaultier ou Fabrice Luchini, qui te plébiscitent et veulent te rencontrer ?
JD Je fonctionne sur un truc assez simple, les rapports humains. Même si cela peut paraître désuet. Quand je suis touché par le titre d’Alizée, c’est parce qu’elle et sa chanson me touchent profondément. Je suis très méfiant dans les rapports que j’ai avec les gens depuis la fin de l’émission. Cela peut apparaître comme de la prétention ou du détachement. Ce n’est pas du tout le cas, je suis très impressionné par ces rencontres. Mais je ne veux surtout pas tomber dans un rapport de fan et me dire : « Ah oui, c’est fabuleux le dîner avec Christian Lacroix. »

CL : Moi-même j’ai gardé une distance. Je ne suis pas un vampire, je ne suis pas là pour le phagocyter. Je tiens à le garder comme un Lennon et un McCartney…

JD : C’est ce qui est intéressant avec Christian. On a un rapport assez simple, parce qu’on ne se propose rien. En revanche, quand je me retrouve chez Christophe, quelqu’un avec qui j’ai envie de bosser, je suis dans la position d’un fan face à un artiste que je respecte infiniment et qui m’impressionne. Mais je sais aussi l’importance de mon album, ce que cela va représenter comme impact. Et les personnes qui on envie de travailler dessus ont aussi leurs intérêts. Peut être que cet artiste que j’admire, je ne parle pas de Christophe en particulier, va me pondre un texte pourri sur lequel je n’aurai pas envie d’écrire la musique. Même s’il est difficile de conserver cette distance face à ces gens que j’admire, c’est un mal nécessaire à partir du moment où je souhaite garder une simplicité. J’ai un clavier, une guitare, mes meilleurs potes qui sont dans mon groupe, voilà.

CL : Il va falloir qu’il sépare le bon grain de l’ivraie. Je suis assez sollicité pour faire le lien avec Julien. Je le fais un peu, mais il faut lui laisser le temps et le protéger. Ce n’est pas pour te faire plaisir, mais tu as quand même apporté une espèce de virginité. Cela fascine beaucoup de gens, parce que nous sommes tous habitués à composer dans la société. J’admire beaucoup la manière dont tu te débrouilles. Tu expliques bien cette ambivalence à laquelle nous sommes tous confrontés.

De l’air : Comment s’est passé ta confrontation avec le milieu de la mode à travers Christian ?
JD : Son défilé c’est une première dans ma vie. Cela a été un choc esthétique assez fort. Des moments isolés où mes sens sont frappés. J’avais des a priori, je me demandais ce que c’était, quel positionnement avoir dans un milieu que je ne maîtrise absolument pas. La mode, la haute couture, je n’y connais rien, je me fringue comme ça. J’ai été touché d’une manière quasi physique.

CL : Au niveau de la mode, il a quand même fait des grands coups, avec sa barrette. C’est quelque chose que je n’ai jamais su faire. Quand il y a eu cette exposition au musée des Arts décoratifs qui s’appelait Couturier superstars, chacun devait apparaître avec son monogramme. Jean Paul avait la marinière à rayures, Karl le catogan. Moi, je n’ai jamais su inventer un truc comme ça. Et Julien, de manière très candide, est arrivé avec une apparence, une image déjà très définie, inconnue, étonnante et fascinante, tout en restant intact, comme une sorte de bulle qui n’est pas coupée de la réalité, mais qui impose un respect.

De l’air : Combien de temps penses-tu rester intact, parce qu’au bout d’un moment, on s’habitue aussi à la bulle de la notoriété ?
JD Ce n’est pas mon problème, je m’en fous. Ce que je veux, c’est faire de la musique avec mes potes. Franchement, si je n’ai pas la possibilité de continuer dans les conditions que je souhaite, je n’aurai aucun problème à quitter cette existence-là. J’y prends du plaisir parce que c’est agréable à vivre. Mais l’important, c’est que je garde mes amis et le respect que j’ai pour la musique que je désire faire. Si je commence à me demander combien de temps je vais vivre médiatiquement…

CL L’important, c’est ce qui va arriver dans son travail et pas ce que Voici peut écrire. Ce qui m’intéresse, m’excite, c’est ce qu’il va nous faire entendre, comment il va nous étonner…

JD : Aujourd’hui, j’ai devant moi un album attendu comme pas possible par une presse qui m’a défendu alors que je faisais uniquement partie d’un système de jeu dans une émission très regardée. Normalement, un groupe commence par faire de la scène, là, il n’y en a pas. Pour tester des morceaux, je dois organiser des concerts avec mes potes, dans de petites salles, le plus discrètement possible. Et je n’ai qu’une crainte, c’est qu’à la sortie de l’album, le regard soit faussé. D’ailleurs, mon cauchemar en ce moment, c’est le casting de la Nouvelle Star qui va débuter bientôt. Il y a ma gueule et l’interrogation, qui sera le prochain ? J’ai l’impression d’être mort. C’est très difficile de voir ces cycles médiatiques où on ne fait pas de la musique mais de la télévision. J’ai voulu avoir cette posture. Mais maintenant, j’en suis sorti.

De l’air : Tu as un rapport un peu particulier avec les médias. Quand tu donnes une fausse photo de toi bébé à Gala, tu dis que c’est une œuvre, pourquoi ?
JD : C’est typiquement le coup que je faisais aux Beaux-Arts, sauf que j’avais accès à la Gazette de Montpellier. Finalement tout le monde est content, cela ne pose aucun problème, personne ne vérifie rien. C’est la première image du gamin blond sur Google images, il n’y a pas plus con, mais c’est justement là que c’est fabuleux. C’est pour cela que je suis fasciné par des artistes comme Gianni Motti ou Mathieu Lorette. Cela montre juste dans quelle rapidité d’exécution nous sommes tous plongés actuellement.

CL : Et ton boulot pour l’avenir, tu le vois plutôt musique à 90% ou justement, quand tu parles de Lorette, cela te tente de poursuivre ce que tu faisais aux Beaux-Arts et de te positionner sur ce terrain ?
JD : je continue ce travail sur l’information, de voir comment je peux me glisser dans certaines choses. Evidemment là, j’ai quarante portes ouvertes, et rattacher cela à un travail artistique est beaucoup plus compliqué, parce que dés que je me montre à la télé, la démarche est faussée.

De l’air : On a effectivement l’impression que tu as endossé plusieurs personnages.
CL : Il a réussi à ce que chaque facette de sa personnalité soit connectée à quelque chose de l’ordre des tripes. Il plaît aussi bien à la minette qui aime sa gueule, aux gens sensibles à sa voix et sa musique, à des personnes qui apprécient ce côté plasticien contemporain. C’est quand même assez rare d’être à la fois ancré dans quelque chose de l’ordre du fantasme un peu ado et dans ce que nous cherchons tous aujourd’hui. Il est à la croisée de ces chemins, et c’est miraculeux.

JD Je ne me vois pas du tout comme un artiste maudit qui fait de la musique. Je veux comprendre pourquoi ces choses existent en moi et les placer, les exprimer. En ce moment, c’est la musique, elle dit ce que j’ai à dire. Mais j’ai aussi envie d’être comédien, d’exposer mes boulots, de plein d’autres choses. Néanmoins, exprimer ce genre de désir en France est dérangeant. Je le sens déjà avec la musique. Certaines personnalités qui font une musique que je n’apprécie pas du tout, pour rester poli, et qui n’y sont pas arrivés avec une émission, commencent à dire : « Mais il va pas être chanteur en plus… »

De l’air Ce côté polymorphe, c’est peut être un point commun avec Christian qui touche à tout avec brio ?
JD : Oui, bien sûr. Mais il y a un vrai respect autour de son travail alors que pour moi il est assez difficile d’approcher d’autres milieux, notamment celui de l’art contemporain, qui m’a mis assez mal à l’aise à ma sortie des Beaux-Arts. Je fais souvent référence au livre « L’Art à l’état gazeux » d’Yves Michaud et à "l’Idiotie" de Jean-Yves Jouannais, que j’ai rencontré récemment. Ce dernier livre résume pas mal de choses sur mon travail artistique. Il y a un fossé inimaginable entre les écoles et les institutions comme les FRAC (Fond Régionaux d’Art Contemporain) bourrées de subventions à la con, qui ne s’intéressent pas en général aux créations des jeunes artistes. Je ne le digère pas. Nous avons monté un groupe de rock aux Beaux-Arts parce qu’aujourd’hui les membres de Dig Up Elvis, c’est RMI, chômage et Nouvelle Star. Voilà les solutions que nous avions après cinq ans d’études. Alors, quand le musée d’Art moderne de la Ville de Paris pour son exposition Playback me demande une pièce, uniquement parce que je suis Julien Doré de la Nouvelle Star, et qu’ils ne connaissent même pas mon travail artistique, je réponds oui. Mais alors ce sera un concert avec mes potes, diplômés des Beaux-Arts de Nîmes, et pas une de mes créations.

De l’air : Et cet album que tu prépares, c’est toujours avec tes copains nîmois ?
JD Oui, mais je voulais garder l’indépendance de Dig Up Elvis, notre set et nos chansons en anglais. Garder notre énergie et surtout ne pas la glisser dans ce que l’on me proposait comme projet après l’émission. Parce que Julien Doré et les Dig Up Elvis, cela n’existe pas. Le groupe continue d’exister dans un réseau plus simple de petites salles. On entre bientôt en studio pour enregistrer un album. Et en parallèle, il y a le projet Julien Doré sur lequel je travaille aussi avec mes potes musiciens, mais c’est différent. C’est un autre son, d’autres rencontres.

De l’air : Quels conseils donneriez-vous à Julien ?
CL : Je n’ai aucun conseil à lui donner. Il donne espoir dans une période où nous avons l’impression dans nos métiers d’être toujours obligés de passer par les fourches caudines des magazines, des journaux, de la télé, etc. On se pose tous des questions sur cette semaine de la mode qui vient de s’achever : on est là pour vendre et en même temps pour ne pas vendre. On est là pour montrer une image radicale et, en même temps, nous savons que nous allons être descendus en flèche si jamais notre travail est trop personnel. Et cela m’irrite terriblement. Je me demande si je ne vais pas finir à Arles à gérer des expos de photo ou une fondation qui aidera les gens qui veulent faire de la mode.

De l’air C’est le jugement en permanence qui est harassant ?
CL : Oui, c’est le devoir de plaire tous les trois mois. Latin lover tous les trimestres, cela ne marche pas. Julien, dans cet environnement, est apparu comme une sorte de rideau déchiré dans lequel s’engouffre un nouvel oxygène. C’est rare. J’étais content que l’on se rencontre à travers vous parce que je ne voulais surtout pas qu’il pense que je voulais l’accaparer. C’est juste que je voulais le connaître parce qu’il m’a fait plaisir. Et puis il y a ce côté nîmois qui me tient à cœur. Tu es conscient de ça, de ce côté nîmois ou méridional sans faire de régionalisme… peut-être que si tu étais né à Roubaix, tu serais le même ?… Oui, j’en suis sûr. Mais Roubaix, c’est bien aussi.

JD : Je le crois, oui. C’est dur à dire, parce que j’aime beaucoup la région dans laquelle j’ai grandi.

De l’air : Julien, est-ce que tu as l’impression de représenter une génération ?
JD : C’est très important cette question. J’y ai beaucoup réfléchi depuis la fin de l’émission. Et si j’y avais pensé avant, je l’aurais peut être mieux vécue. Je suis arrivé avec un ukulélé, une gueule, des fringues, c’est pas du tout ce qu’on a l’habitude de voir dans cette émission. Et après coup, j’ai réalisé que pour les mecs qui venaient me voir en concert, ce n’est pas si bizarre de parler de Duchamp ou de David Lynch, d’avoir une approche de Lautréamont, d’aller dans des cinémas un peu spécialisés, d’évoquer les Stooges, les Clash ou Devendra Banhart, parce qu’aujourd’hui aller voir des concerts rock, connaître telle ou telle chose, c’est la culture de notre génération. Ce qui était étrange à la télé ne l’est pas pour nous. Ce n’était que mon quotidien et celui de mes potes. Il faut se rendre à l’évidence, ça fait chier de devoir chanter du Julie Zenatti ou du Natasha St-Pier dans un casting. Alors qu’il y a des groupes qui font du rock et qui n’osent pas se présenter à ces castings parce qu’ils pensent que l’on ne va pas les écouter. Voilà, c’est très important pour moi de réfléchir là-dessus. J’occupe simplement ma place de mec de 25 ans dans la génération qui est la mienne à Nîmes et à Paris, et peu importe que ce soit passé par le prisme de la télé.

De l’air : Comment voyez-vous Julien dans 30 ans ?
CL : Oh ! Cela ne m’intéresse pas du tout. Déjà, il a existé. Il était là et bien là. Ce que je lui souhaite, c’est surtout de faire le boulot qu’il a envie de faire, avec les personnes avec qui il souhaite travailler. Si dans trente ans il est encore là, génial. Moi, il me fait plaisir d’exister, ça me suffit.

Exposition Playback, Jusqu’au 6 janvier 2008
Concert des Dig Up Elvis le 23 novembre
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11, avenue du Président-Wilson
75116 Paris

Single Lolita, Julien Doré (Sony BMG)
Site Dig Up Elvis :
http://perso.orange.fr/digupelvis/
www.myspace.com/digupelvis
www.myspace.com/juliendore

Exposition Christian Lacroix, histoires de mode,
Jusqu’au 20 avril 2008
Musée des Arts décoratifs
107, rue de Rivoli – 75001 Paris


Source scan : forum crazy-julien.xooit.com
http://crazy-julien.xooit.com/t2739-DE-L-AIR-NOVEMBRE-ITW-croisee-C-Lacroix…
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